<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867</id><updated>2011-04-22T05:42:40.783+01:00</updated><category term='Textes de Dominique'/><category term='Sur Brassens'/><category term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Le temps écoute</title><subtitle type='html'>Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://letempsecoute.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>dom</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16135914935703574965</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>32</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-3887948110222732640</id><published>2007-06-13T13:02:00.000Z</published><updated>2007-06-13T13:31:16.161Z</updated><title type='text'>Chemins d’école et ponts d'Arcole</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rm_wR-5otdI/AAAAAAAAAH0/XVGk4rxKoZQ/s1600-h/6.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 246px; height: 328px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rm_wR-5otdI/AAAAAAAAAH0/XVGk4rxKoZQ/s320/6.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5075539496803022290" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Du pont de la route de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Brux&lt;/span&gt; jusqu’à la laiterie de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chaunay,&lt;/span&gt; le chemin longeait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;la Bouleure&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Odeurs de lait caillé et de fromages en ferments, travailleurs le cheveux gras en salopettes blanches et bottes toujours vertes pataugeant dans de grandes flaques  opalines, la laiterie, industrie décalée dans un monde essentiellement attelé au sillon d’une charrue.&lt;br /&gt;Ce n’était un chemin qu’aux beaux jours. L’hiver, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;la Bouleure &lt;/span&gt;l’effaçait du paysage et en faisait son second lit de débauche. Des bois morts y flottaient à la dérive et au-dessus, décrivant  de grands cercles inquiets, les vanneaux huppés piaulaient  pathétiques sur le gris du ciel.&lt;br /&gt;C’était aussi un oxymore, un détour pour éviter le chemin des écoliers quand  les bohémiens surgis de la nuit et leurs yeux noirs étincelants comme ceux des chats harets,  campaient sur un petit tertre herbeux de l’autre berge.&lt;br /&gt;Le chemin pour contourner les couteaux qui pendaient à leurs ceintures, les haillons d’une marmaille aux gestes brutaux,  les feux de camp, les paniers tressés d’osier,  les roulottes, les petits chevaux mouchetés comme ceux des Comanches et les guitares.&lt;br /&gt;C’était un ordre. Les poules renfermées à double tour, les lapins verrouillés dans leurs cases, les outils de jardin remisés, les bicyclettes entravées, les saloirs camouflés dans la maison,  les billets des allocations enfouis plus profondément sous la pile de draps, la dernière précaution était enjointe : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Prenez le p’tit chemin de la laiterie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Puis, un jour,  le chemin nous fit les archéologues de la guerre.&lt;br /&gt;Car un orme d’un autre monde, énorme et déjà mort,  avec un trou comme une grotte à sa base, gémissait là sans douleur entre le ciel et l’eau. C’était un monument,&lt;span style="font-style: italic;"&gt; la cabourne,&lt;/span&gt; le désignait-on,  et un matin un chat-huant somnolait sur le pas de cet antre lugubre et qui semblait vouloir fouiller de ses ombres les entrailles de la terre.&lt;br /&gt;Nous avons admiré l’endormi les yeux mi-clos, nous avons dévisagé ses petites oreilles emplumées et un souffle de vent qui faisait frémir le poitrail, puis nous l’avons cruellement effrayé.  L’oiseau somnambule a lourdement heurté la cime des haies et s’est évanoui quelque part sous des nuages mal définis.&lt;br /&gt;Alors nous nous sommes approchés avec cette fascination étrange du chasseur  ou du chien de meute  à vouloir respirer l’endroit même où l’oiseau évanescent s’était reposé, comme s’il eût pu oublier là quelque chose de lui, quelque chose de concret et dont nous nous serions saisis. Agenouillés, nous avons scruté et reniflé la senteur humide de la cabourne et nos yeux comme  des fouines se sont habitués à l’ombre.&lt;br /&gt;Nous avons reculé, épouvantés et en jetant des cris.&lt;br /&gt;C’était étrange, c’était long, c’était rond, c’était rouillé, c’était pointu.&lt;br /&gt;Un obus !  Une bombe !  Une torpille ! C’est les bohémiens !  Non,  c’est les boches ! La guerre !&lt;br /&gt;La guerre, celle dont on nous rebattait tant les oreilles, avec des Allemands vociférants des ordres, voleurs de chevaux, de vaches, d’œufs et de lait, était de retour.&lt;br /&gt;Nous avons fui.&lt;br /&gt;Mais le soir,  à pas feutrés pour ne pas déranger la mort qui dormait là depuis si longtemps, avec des précautions rampantes et muettes d’indiens à l’affût, nous sommes revenus. La guerre tel un monstre paisible dormait toujours sur la terre noire  de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;la cabourne&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Alors, nous nous sommes peu à peu habitués à cette inquiétante présence d’un passé tumultueux, un passé d’avant nous,  fait de feux et de sang, et nous avons juré le secret. L’arbre mort avec la mort lovée à ses pieds est devenu notre totem. Chaque fois que nous sommes passés par là, faisant même un détour pour y parvenir,  régulièrement, nous sommes venus veiller sur le sommeil du monstre.&lt;br /&gt;Et nous n’avons rien dit, meurtris dans notre chair et comme si nous étions des soldats assassins, quand le tranchant luisant d’une hache est venu par un sale matin de printemps  briser le repos de notre redoutable idole.&lt;br /&gt;Les membres déchiquetés, le cantonnier Gustave s’est éparpillé sur les herbes et du rouge, beaucoup de rouge,  s’est répandu sur le blanc des pâquerettes et le jaune des boutons d’or.&lt;br /&gt;La guerre, la guerre  chez les hommes ne dort toujours que d’un œil. Même sous les cabournes innocentes inconnues où veillent des chats huants.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-3887948110222732640?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3887948110222732640'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3887948110222732640'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/06/chemins-dcole-et-ponts-darcole.html' title='Chemins d’école et ponts d&apos;Arcole'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rm_wR-5otdI/AAAAAAAAAH0/XVGk4rxKoZQ/s72-c/6.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-7437728646493955262</id><published>2007-06-08T06:28:00.000Z</published><updated>2007-06-08T11:19:29.155Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Tendance : comment il ne faut pas écrire si on veut être publié</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rmj_W-5otbI/AAAAAAAAAHg/Phd0xH61f4I/s1600-h/16.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rmj_W-5otbI/AAAAAAAAAHg/Phd0xH61f4I/s320/16.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5073585750539810226" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si un jour, lassés par l'onanisme du bloggeur, vous voulez être publiés dans un vrai livre qui sent bon le papier et tout, je ne sais pas exactement ce qu'il vous faudra faire mais je sais précisément ce qu'il vous faudra éviter de commettre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Ceci :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Lendemain de tempête&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;" Du plus loin que pouvait porter le regard, par-delà l’étendue d’eau qui recouvrait les prés communaux et qui  miroitait sous le soleil oblique, jusqu’au canal et bien plus loin encore, si loin qu’on apercevait sur le ciel bleuté des clochers de villages qu’on n’avait jamais vus d’ici, les grands peupliers qui d'ordinaire habillaient les marais de leurs fières silhouettes, gisaient comme posés là par une main gigantesque, impeccablement alignés.&lt;br /&gt;Ils avaient en chutant soulevé d’énormes blocs de terre et ces blocs s’élevaient maintenant très haut dans l’air, accrochés à leurs racines qui serpentaient et vomissaient de la tourbe détrempée.&lt;br /&gt;A l’emplacement de chaque arbre, un grand trou, comme un tombeau, s’ouvrait à ciel ouvert.&lt;br /&gt;- C’est effroyable, finit par murmurer Quentin&lt;br /&gt;- Oui, répondit Mathilde. Elle s’appuyait sur son bras.&lt;br /&gt;En direction de Mauzé, les peupleraies inondées étaient broyées et les arbres jetés pèle-mêle dans l’eau. Certains avaient été sectionnés à mi-tronc et ils laissaient pendre des lambeaux douloureux de bois déchiqueté, telles des plaies ouvertes par une arme barbare.&lt;br /&gt;Quentin crut deviner alors une ambiance anormale, mystérieuse, qui planait et jetait sur tout ce désordre un éclairage plus dramatique encore. Il regardait tous ces arbres foudroyés, il regardait au loin dans la brume évanescente des clochers, il scrutait les bosquets de frênes et de broussailles qui semblaient avoir moins souffert mais au travers desquels on voyait tout de même de grands frênes effondrés sur les sous-bois. Il cherchait  à comprendre, dans ce paysage meurtri, l’impression confuse d’une étrange mélancolie déployée en filigrane, comme si quelque chose échappait à sa conscience.&lt;br /&gt;Quelque chose comme une absence.&lt;br /&gt;Il chuchota enfin :&lt;br /&gt;- Il n’y a pas un oiseau.&lt;br /&gt;Pas un pigeon en effet, pas une corneille, pas une tourterelle, pas le moindre pinson traversant le ciel de son vol saccadé, pas un bruissement d’ailes, pas un merle, pas un pépiement et pas un mouvement sur ces champs de ruine.&lt;br /&gt;Tout ce silence inquiet avait pénétré l’âme du bûcheron, habitué à vivre avec toutes les animations discrètes et tous les  murmures de la vie sauvage.&lt;br /&gt;Quentin eut un frisson.&lt;br /&gt;- Ils ont dû partir ailleurs, chassés par le vent, dit Mathilde&lt;br /&gt;- Je ne sais pas. C’est étrange…&lt;br /&gt;Ils marchèrent jusqu’au canal. L’eau  filait à toute allure et déversait son trop-plein entre les cadavres alignés sur ses berges. Quand un arbre s’était couché en travers de son cours, elle bouillonnait et faisait une cascade d’écume en franchissant l’obstacle.&lt;br /&gt;Quentin s’accroupit et ramassa sous des branchages le corps d’un gros pigeon ramier. Il souffla sur le beau poitrail rose, sur la collerette blanche et sur le dos tout bleu, cherchant une blessure. Il n’en trouva pas. Il reposa l’oiseau, exactement là où il était tombé.&lt;br /&gt;- Ils ont été projetés de leur perchoir. Ceux qui ont voulu s’envoler ont certainement été fracassés sur quelque obstacle. Ils n’ont plus où se percher dans tout ce chantier,  et Quentin montrait d’un geste las le marais sur lequel déclinait la lumière, tout pâle, tout triste, comme la bougie d’une première  nuit de deuil et de veille.&lt;br /&gt;- Ils se sont sans doute réfugiés en forêt, conclut-il.&lt;br /&gt;Ils rebroussèrent chemin. Quentin dit qu’il irait le lendemain dans ses coupes, puis qu’ils partiraient très vite en Auvergne.&lt;br /&gt;Sa femme se souleva un peu sur la pointe des pieds et l’embrassa sur la joue :&lt;br /&gt;- Tu ne t’es pas rasé, bandit …plaisanta t-elle.&lt;br /&gt;Il lui sourit. Il se sentait désappointé, fatigué, et ressentait au fond de lui une sourde colère, touché au moral, comme si toute cette hécatombe était profondément injuste et l’eût personnellement atteint. Il aurait aimé faire exploser cette colère, vider la coupe.  Mais sur qui ?&lt;br /&gt;- Ils ont de la chance, les gens qui ont un  dieu…&lt;br /&gt;- Comment ça ?&lt;br /&gt;Ils marchaient côte à côte sur le chemin humide et la lune se levait sur le bleu pâle du ciel. La nuit serait froide.&lt;br /&gt;- Rien. Tout cela m’a chamboulé et me fait dire des conneries."&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Et moi, ça m'en fait écrire... &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Extrait d'un de mes manuscrits de rin, mais alors vraiment de rin du tout...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-7437728646493955262?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7437728646493955262'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7437728646493955262'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/06/comment-il-ne-faut-pas-crire.html' title='Tendance : comment il ne faut pas écrire si on veut être publié'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rmj_W-5otbI/AAAAAAAAAHg/Phd0xH61f4I/s72-c/16.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-7616293799716770907</id><published>2007-05-25T09:18:00.000Z</published><updated>2007-05-29T13:25:18.870Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes de Dominique'/><title type='text'>Comment dirais-je..?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;ô, homme heureux,&lt;br /&gt;c'est chiant, hein?, d'être appellé " homme heureux", ça fait çui qu'a rien connu des problèmes qui font qu'on est si content quand ils s'arrêtent, qui s'enlise dans sa bedaine de bandeur mou.&lt;br /&gt;Je recommence:&lt;br /&gt;ô, homme malheureux,&lt;br /&gt;c'est encore plus chiant! ça fait chialeur déprimé , ennuyeux, mauvais vivant, macrobiotique, dépressif larmoyant, houellebequien.&lt;br /&gt;Je recommence:&lt;br /&gt;ô, homme bienheureux,&lt;br /&gt;alors ça, c'est carrément catho, çui qu'a trouvé sa route, le sage qu'hésite pas, çui qu'a tout compris et qui, malgré tout, comme un con, un jour ou l'autre, crève.&lt;br /&gt;Je recommence:&lt;br /&gt;ô homme mal heureux,&lt;br /&gt;c'est mieux, ça commence à ressembler à quelque chose, un effort a été produit, effort qui devrait s'avérer payant en fin de trimestre à condition d'y mettre du sien.&lt;br /&gt;Toutefois, je recommence:&lt;br /&gt;ô, homme mal bienheureux,&lt;br /&gt;là, c'est carrément se foutre du monde.&lt;br /&gt;Je recommence:&lt;br /&gt;ô, homme mal malheureux,&lt;br /&gt;je crois qu'on y arrive, mais il est tard, j'ai oublié ce que je voulais te dire, je vais me coucher.&lt;br /&gt;sleep tight.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Dom.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-7616293799716770907?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7616293799716770907'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7616293799716770907'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/05/correspondance.html' title='Comment dirais-je..?'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-5068789949942766256</id><published>2007-05-24T09:41:00.000Z</published><updated>2007-05-25T08:58:05.533Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>L'araignée</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt; L'araignée tisse sa toile et les mouches par milliers viendront éteindre leurs vols dans le piège infernal.&lt;br /&gt;Des amis d'enfance aux postes suprêmes de la police. Un copain derrière la caméra du plus puissant média se taillant 50 pour cent du fromage  national.&lt;br /&gt;Police et propagande, les deux ingrédients de la puissance unique sont servis.&lt;br /&gt;Que commence le banquet et qu'on y serve de la cervelle de mouche finement rôtie !&lt;br /&gt;A quand un grand congrès, une démonstration effrayante de mégalomanie, des drapeaux par millions qui claquent comme des fusils sous la colère des vents et des micros qui éructent la salive et qui lézardent la raison au plus profond de sa blessure humaine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les mouches par milliers butinent, butinent, butinent la fleur empoisonnée....votent, votent, votent d'une main que leur dicte la loi du plus fort, la loi d'un chasseur qui pour gober sa proie prit conseil auprès du braconnier gabonais, en place depuis 40 ans !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mouche printanière, démocrate, modérée, lâche mouche insouciante, ne vois-tu pas  dans le pâle silence d'un matin de rosée, tendue entre deux herbes folles  de la prairie, l'oeuvre en filigrane et sur laquelle tu cours crucifier ton voyage ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tes ailes bleues frémissantes par l'approche de la mort, bourdonneras-tu, comme tant de mouches avant toi prises au piège,  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;" J'savais pas, j'avais pas vu, j'savais pas, j'avais pas vu, j'savais pas, j'avais pas vu&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;...." ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-5068789949942766256?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5068789949942766256'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5068789949942766256'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/05/laraignee.html' title='L&apos;araignée'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-4477679811154931765</id><published>2007-05-16T06:12:00.000Z</published><updated>2007-05-23T09:40:18.160Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Quelle époque !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RkqlJvu5ZPI/AAAAAAAAAHQ/NlEdT3EdJas/s1600-h/maupassant.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 144px; height: 186px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RkqlJvu5ZPI/AAAAAAAAAHQ/NlEdT3EdJas/s320/maupassant.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5065042317782115570" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« C’était un de ses hommes politiques à plusieurs faces, sans convictions, sans grands moyens, sans audace et sans connaissances sérieuses, avocat de province, joli homme de chef-lieu, gardant un équilibre de finaud entre tous les partis extrêmes, sorte de jésuite républicain et de champignon libéral de nature douteuse, comme il en pousse par centaines sur le fumier populaire du suffrage universel. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Son machiavélisme de village le faisait passer pour fort parmi ses collègues, parmi tous les déclassés et les avortés dont on fait des députés...»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Bel-Ami »  - Maupassant - Le livre de poche - Page 215&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pour être un lecteur assidu de Maupassant, je ne crois pas pour autant qu’il fut un visionnaire.&lt;br /&gt;Ce qui me désole au plus haut point.&lt;br /&gt;Il eût en effet mieux valu.&lt;br /&gt;Car si tel avait été le cas, le portrait dressé de ce génial trait de plume, aussi finement aiguisé que peut l'être une arme de précision, au moins serait à sa place en notre temps, dramatiquement, certes,  mais à sa place tout de même ; dans un mouvement entrevu des choses et par l’écrivain annoncé.&lt;br /&gt;Mais Maupassant était un observateur redoutable de son temps. Ce qui en fait en même temps, à son insu et à notre grand dam, un observateur du nôtre.&lt;br /&gt;Nous n’avons donc pas bougé d’un pouce, pas d’un millimètre, pas même de l’épaisseur d’un poil de mon cul, depuis « Bel ami », depuis 1885, voilà maintenant cent vingt deux  ans !&lt;br /&gt;La peinture féroce de Maupassant, mot pour mot, virgule pour virgule, point par point, est en effet d’une désolante actualité.&lt;br /&gt;Et j'entends donner du groin ces bourgeois surannés au ventre replet, aux petits rots porcins d’après bonne bouffe, avec des mines de cochons de lait et la tête pleine d'affligeantes certitudes , ces mêmes nullités politiques et les mêmes électeurs couinants de plaisir et prêts à leur faire allégeance, celui-ci de la main droite, celui-là de la main gauche, cet autre encore des deux mains.&lt;br /&gt;Décidément, depuis le temps qu’il y a des hommes et qui lisent Maupassant, peu sont venus pour en tirer profit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-4477679811154931765?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/4477679811154931765'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/4477679811154931765'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/05/ctait-un-de-ses-hommes-politiques.html' title='Quelle époque !'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RkqlJvu5ZPI/AAAAAAAAAHQ/NlEdT3EdJas/s72-c/maupassant.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-766293549798918426</id><published>2007-04-13T07:21:00.000Z</published><updated>2007-05-24T09:01:20.019Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>J'affirme</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;J'affirme &lt;/span&gt;que si la France était encore un pays respectable, avec de la mémoire digne, elle  se serait levée d'un bloc et aurait crié son indignation aux allégations de Sarkozy quant au déterminisme génétique,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;j'affirme &lt;/span&gt;&lt;span&gt;q&lt;/span&gt;u'elle aurait dû lui demander compte et désaveu public,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;j'affirme&lt;/span&gt; qu'elle aurait dû  l'exclure des débats pour flirt avec le ventre de la bête immonde, et ce, au nom de toutes les victimes éparpillées sur les champs de l'histoire. Simplement.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;J'affirme &lt;/span&gt;qu'en 2007, un pays dans lequel les boulangers, les poètes, les mécaniciens, les professeurs, les écrivains, les retraités, les peintres, les chômeurs, les menuisiers, les politiques, les péripatéticiennes, les ingénieurs, les marins, les paysans, les éducateurs, les artistes ne réagissent que mollement à ces monstruosités  est un pays mûr pour rejouer les heures les plus dramatiques et les plus lâches de son histoire,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;j'affirme&lt;/span&gt; qu'elle aurait dû crier encore plus  haut quand Sarkozy voulant se dédouaner  a affirmé : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Je ne suis pas un savant",&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;j'affirme &lt;/span&gt;que c'est bien pire encore,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;j'affirme &lt;/span&gt;que cela&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;signifie en clair que les postulats sont de nature idéologique et que les portes de l'enfer sont ainsi ouvertes !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-766293549798918426?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/766293549798918426'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/766293549798918426'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/04/jaffirme.html' title='J&apos;affirme'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-8136175119023501850</id><published>2007-04-10T09:24:00.000Z</published><updated>2007-04-12T13:46:14.153Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Quiproquo toponymique</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En toponymie, langage émotif de la mémoire collective, tout peut dépendre des dispositions de l’esprit présent.&lt;br /&gt;J’en veux pour preuve cette plaisante anecdote dont fut dernièrement acteur et témoin un vieil homme de Podlachie, anecdote véridique rapportée d’ailleurs par quelque quotidien de la région, ce qui, je vous l’accorde, ne constitue pas un gage d'irréfutable authenticité.&lt;br /&gt;Toujours est-il qu’après Wiznice, si on file en direction de Lublin, on traverse un village du nom de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Kolano&lt;/span&gt;. Cela signifie littéralement « le genou.» Bien sûr, des raisons précises doivent présider aux origines de cette appellation mais, pour l’heure, nous les ignorons.&lt;br /&gt;A quelques kilomètres de là,  derrière la forêt, un autre hameau plus petit, posé sur une timide élévation recouverte d’arbres, se fait appeler &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Puchowa Góra&lt;/span&gt;  « le mont duveteux ». La topographie est là beaucoup plus éloquente. D’en bas, en effet, les cimes en dentelles de ces arbres forment comme un duvet que le soleil couchant, derrière,  arrose à contre-jour.&lt;br /&gt;Or, il advint qu’une dame distinguée voulant se rendre dans ce hameau, s’égara, tergiversa  et finit par s’arrêter à &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Kolano &lt;/span&gt;afin de  s’y enquérir de la juste route.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Elle stoppa donc sa voiture, en descendit fort élégamment et héla notre bonhomme trop content,  quant à lui,  de causer à quelqu’un, pour rendre service de surcroît,  dans ces mornes solitudes qui font les longs après-midi de la campagne.&lt;br /&gt;Il dit que c’était simple.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;A partir du genou, il fallait remonter doucement.&lt;br /&gt;Il montrait d’un geste du bras la petite route qui s’enfonçait dans l’épaisseur des bois.&lt;br /&gt;Sa main s’inclina devant son visage et il fit mine de remonter….Il fallait remonter doucement et en haut, hop, au carrefour, tourner tout de suite à droite.&lt;br /&gt;Il se reprit. Venant du genou, ça pouvait  aussi bien être à gauche qu'à droite Le petit mont duveteux était de toutes facons  en face, juste au milieu.&lt;br /&gt;Ça le fit rire, lui,  qu’on pouvait arriver de tous les côtés au petit mont duveteux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dame distinguée ne l’entendit point de cette chaste oreille. Elle avait tout d’abord froncé les sourcils, dubitative et interloquée, avant de foncer tête baissée dans ce qui lui avait semblé être, à n’en pas douter sur la foi de ce petit rire, une allégorie des plus licencieuses.&lt;br /&gt;Elle rejoignit alors précipitamment sa voiture, effarouchée comme une poule qui aurait vu le goupil, la mèche des cheveux indignée, invectivant, insultant, levant le poing et vouant aux gémonies ce vieux malade, lubrique et délabré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre homme était cependant resté bouche bée, complètement abasourdi par cette volée de bois vert qui lui tombait si  brusquement dessus.&lt;br /&gt;Ce ne fut que quelque temps plus loin, alors que la voiture avait depuis belle lurette disparu et que, vexé,  il  réfléchissait encore à l’incivilité de cette réaction,  qu’il comprit enfin l’étendue de la méprise.&lt;br /&gt;Alors, on entendit son rire briser le silence du chemin et qui s’envolait très haut dans l’air immobile de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Kolano.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Distinguée, la dame ?  Une fieffée coquine, oui, et il penchait la tête et il se frappait les cuisses et il se tenait les côtes.&lt;br /&gt;On ne voit que ce à quoi on pense trop.  Ah, la gourgandine !&lt;br /&gt;Elle était partie voir le loup, assurément, conclut-il.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-8136175119023501850?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8136175119023501850'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8136175119023501850'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/04/quiproquo-toponymique.html' title='Quiproquo toponymique'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-1949323633063414000</id><published>2007-04-05T13:39:00.000Z</published><updated>2007-04-11T11:14:23.949Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Concerts en Pologne, Wałbrzych</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RhT8i4Ik6SI/AAAAAAAAAGo/GvDQiiCm3E4/s1600-h/P4030009.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RhT8i4Ik6SI/AAAAAAAAAGo/GvDQiiCm3E4/s320/P4030009.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5049938758303279394" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Train de nuit qui traverse, du Nord-est au Sud- ouest, la Pologne de part en part.&lt;br /&gt;Long train de nuit comme un énorme tamtam sous la lune.&lt;br /&gt;Et sous cette lune tout ronde dans le ciel, des champs et des bois qui défilent et après les champs, des bois, et après ces bois,  d’autres  champs encore. Des villes endormies aussi, beaucoup de petites villes et le train qui grince,  s’ébroue, rugit sur sa ferraille avant de soudain faire silence, le long des quais impressionnants de solitude.&lt;br /&gt;Comme un randonneur qui aurait besoin de réfléchir une minute, de s’orienter un peu, avant de reprendre sa traversée de la nuit.&lt;br /&gt;Sur une aube tout grise, se dessinent là-bas les mamelons boisés des premières hauteurs des Sudètes.  Pour moi, Sudètes a toujours rimé avec la dégradante conférence de Munich, tout comme avec la coupable complaisance des démocraties de l’ouest.&lt;br /&gt;La Tchéquie vendue aux bandits nazis. La honte.&lt;br /&gt;La tête appuyée et secouée sur la vitre, les drames de l’histoire resurgissent.&lt;br /&gt;Qui sont en fait les hommes pour n’avoir jamais cessé de se mentir et de s’entretuer  depuis qu’ils sont des hommes ?&lt;br /&gt;Qui suis-je, moi-même, sur cette machine ronde, avec mes poésies de rin, mes livres, mon amour de Brassens, mes manuscrits un à un relégués à la poubelle des solitudes, ma Takamine, tout ça dont n’ont cure ces enchevêtrements de ferraille, ces fumées de charbon que je vois là-bas s'élever, ces gens qui se précipitent, la tête penchée sur le côté, vers le gagne-pain et sous le crachin glacé d’un matin d’avril ?&lt;br /&gt;Que retiendra t-on de ma vie, dans un monde qui me semble, sous la fatigue accumulée d’une nuit blanche, pas fait pour mes voyages ?&lt;br /&gt;Comme souvent, je me sens hors sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Wałbrzych. &lt;/span&gt;C’est pourtant  là que, quelque part, sous un de ces toits rouges et grenat, on m’attend. J’ai rendez-vous.&lt;br /&gt;Mais je ne peux pas être vraiment présent sur des lieux si l’on ne me les présente pas cordialement, nom et prénom. J’ai toujours besoin d’un peu de toponymie pour sentir mon corps évoluer sur des places  inconnues.&lt;br /&gt;Alors, dès mon arrivée, j’apprends que cette ville, allemande jusqu’à Yalta,  c’est Waldburg, la ville de la forêt, la ville boisée. Et ça se voit.&lt;br /&gt;Les bois comme l’Allemagne, je veux dire.&lt;br /&gt;La montagne est couronnée de sombres forêts et l’architecture est bien allemande. C’est joli, quoique un peu austère. Evidemment. Et lourd aussi.&lt;br /&gt;C’est une grande ville, mais là, ça ne se voit pas.&lt;br /&gt;Parce que, comme une lave qui aurait coulé de la montagne, elle s’est glissée, quartiers après quartiers, dans les vallons et  les vallées de sorte que, telle une peinture pariétale, on n’en voit qu’une partie à la fois, comme une ébauche, la suite étant derrière cette colline ou derrière cette aspérité recouverte de bouleaux.&lt;br /&gt;C’est une ville minière. Mais les mines que je vois là-bas sont maintenant des musées et les travailleurs des entrailles de la terre sont des chômeurs qui regardent leur ville, l’œil abandonné à la mélancolie. Ils savaient descendre, piocher, suer dans les profondeurs humides pour remonter  le pain jusqu’à  la lumière du jour.&lt;br /&gt;Les salopards qui les ont congédiés ne leur ont pas appris à cueillir ce pain sur la surface de la terre. Alors, ils regardent ce monde qui les aveugle et qui les grignote.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me semble avoir quitté la Pologne, toute petite, tapie sur les plaines et sous les vents, avec ses maisons de bois,  tout comme il doit sembler au voyageur venant d’un mas provençal et débarquant dès potron minet dans la baie de la Somme que  la nuit a effacé l’hexagone.&lt;br /&gt;Ce qui ne change pas, c’est la cordialité de l’accueil et ce petit déjeuner bien polonais : Charcuteries, œufs durs mimosa, viandes froides, salades, crudités, fromages blancs, pâtisseries, jus d’orange, café, thé, lait. De quoi abolir les douze heures de train sous la nuit lunaire et les premiers doutes de la fatigue.&lt;br /&gt;Des fois, la jouissance des papilles élève une passerelle vers la redécouverte de l’enthousiasme.&lt;br /&gt;Je regarde ma guitare posée à mes pieds.&lt;br /&gt;Dans quel état va-t-elle se sortir, elle aussi, de cette nuit blanche ?&lt;br /&gt;Et la chambre d’hôtel que l’on m’a réservée est pour moi comme un costume. Je m'y sens tout petit. Spacieuse, salon, télé, bureau, canapé, plantes vertes, grandes baies vitrées ouvrant sur des parterres en fleurs.&lt;br /&gt;Il faudrait presque un vélo pour aller du canapé au bain.&lt;br /&gt;Je m’installe dans ce confort cotonneux.&lt;br /&gt;Après la douche et quelques heures de sommeil, je suis enfin chez moi.&lt;br /&gt;Première répétition, les accords s’enchaînent, la voix un peu enrouée doit encore moduler. Je répète. Nous nous promenons dans la ville tentaculaire et je répète encore. Dans ma tête. Vers seize heures, je prends possession des lieux du rendez-vous. La lumière ne me plaît pas. La salle est trop grande, la sono approximative.&lt;br /&gt;Ça ne fait rien.  Quand on prétend être un artiste, mot douloureux s’il en est,  il faut aussi savoir abolir les lieux. Les redessiner, les faire retentir d’une autre voix.&lt;br /&gt;Tous les lieux sont beaux ou laids selon ce que l’on se propose d’y vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu avant dix-huit heures, on arrive,  on discute, on me salue, on parle français comme dans les couloirs de la Sorbonne, on a vécu en France, on est chanteur dans une chorale francophone, on aime la poésie et on aime la chanson.&lt;br /&gt;La magie des rendez-vous avec des hommes et des femmes que l’on n’a jamais vus, s’opère déjà.&lt;br /&gt;Il est temps de dire ce que je suis venu faire là.&lt;br /&gt;J’avais prévu de commencer par l’Albatros puis, feignant de m’être  trompé,  d’enchaîner par la Mauvaise réputation. Sans changer de sujet pour donner le ton.&lt;br /&gt;Face à ces gens qui me sourient, que je connais déjà,  cela m’apparaît soudain superfétatoire, convenu, bêtement artificiel.&lt;br /&gt;Ce que l’on construit dans la solitude, sans les autres, souvent, ne résiste pas à la chaleur humaine. C’est pour cela que le public, à part entière, fait vraiment partie du spectacle. D’ailleurs, il n’y a pas de spectacle.&lt;br /&gt;Il y a la rencontre d’hommes et de femmes sur la mémoire d’un ami commun. J’abandonne Baudelaire.&lt;br /&gt;Pendant deux heures, je vais parler de Brassens, de sa vie, de sa poésie, de ses espoirs, de ses désespoirs partout latents dans la jubilation. Je vais parler de Villon, de Lamartine, de La Fontaine et je vais chaque fois ponctuer d’une chanson, deux parfois.&lt;br /&gt;Comme toujours, je ne saurai pas éviter le piège d’un titre demandé et que je n’ai pas préparé. Tant pis. Faire plaisir, même au prix d’un accord écorché. On est là entre amis. Dans l’indulgence.&lt;br /&gt;Le contact est parfait. Tellement que j’ai l’impression d’être juste arrivé quand les lumières se rallument, que l’on vient me serrer la main, qu’on m’offre un gros bouquet de fleurs et que, un à un ou bien en couple, on  s’en va vers la nuit d’un autre chez soi.&lt;br /&gt;On se promet de se revoir. Pour ne pas avoir à se dire adieu. On sait pourtant que l’adieu est le plus vrai. Mais il  n’a rien à faire ici, pas déjà, où les mots résonnent encore.&lt;br /&gt;Comme chaque fois à la fin de l’aventure, j’ai la douleur de constater que Brassens est mort depuis plus de vingt cinq ans.&lt;br /&gt;Parce que j’ai cru, deux heures durant, qu’il était là, vivant parmi nous, la pipe goguenarde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le train retraversera la Pologne. Changement gris  à Wrocław, détour par Poznań, puis sous le soleil de Varsovie.&lt;br /&gt;Le train s’enfoncera encore vers l’est, toute la journée, emportant dans ses flancs de fer bringuebalant ma guitare, la joie d’un monde et un flocon des neiges d’antan.&lt;br /&gt;Je pense déjà à mon autre rendez-vous. Au pied des Carpates.&lt;br /&gt;Que seraient mes quelques pas sur cette boule bleue, sans la tristesse féconde des poésies humaines?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-1949323633063414000?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1949323633063414000'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1949323633063414000'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/04/train-de-nuit-qui-traverse-du-nord-est.html' title='Concerts en Pologne, Wałbrzych'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RhT8i4Ik6SI/AAAAAAAAAGo/GvDQiiCm3E4/s72-c/P4030009.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-3785593068705481059</id><published>2007-03-21T09:24:00.000Z</published><updated>2007-04-11T11:15:32.267Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Rien</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Rien.&lt;br /&gt;Il n’y a rien dans l’âme humaine qui ne soit perverti par la peur.&lt;br /&gt;De soi-même.&lt;br /&gt;Mais comment avoir peur de soi-même, à moins d’être  un autre ?&lt;br /&gt;Des autres.&lt;br /&gt;Mais que sont les autres  sinon l’idée que l’on s’en fait, comme une projection de soi-même ?&lt;br /&gt;De la fin.&lt;br /&gt;Mais comment avoir peur d’une fin si c’est vraiment une fin ? Comment avoir peur de rien, s’il n’y a rien, pas même la conscience du rien ?&lt;br /&gt;Me le direz-vous, à la fin ?!&lt;br /&gt;S’il y a de la peur, il n’y a pas de néant.&lt;br /&gt;D’un dieu, alors ?&lt;br /&gt;Mais comment avoir peur d’un dieu, s’il n’est un dieu mauvais, laid, méchant, cruel, pervers et monstrueux ?&lt;br /&gt;Là, d’accord, je veux bien avoir peur.&lt;br /&gt;Mais vous rendez-vous compte à quel prix, frères humains ?&lt;br /&gt;Il faudrait incendier la planète tout entière pour rectifier l’abyssale méprise. Et encore…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je marche dans la plaine en longeant des forêts qui se courbent, se bousculent et qui hurlent et qui gémissent. Je suis effrayé.&lt;br /&gt;S’il n’y avait ces arbres, je ne verrais ni n’entendrais ce vent.&lt;br /&gt;De quoi ai-je peur alors ?&lt;br /&gt;Des arbres ou du vent ?&lt;br /&gt;Je n'en sais rien.&lt;br /&gt;Si.&lt;br /&gt;Je crois que j’ai peur de rien…Et c'est ce qui m'effraie.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-3785593068705481059?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3785593068705481059'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3785593068705481059'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/03/rien.html' title='Rien'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-7761610471891296439</id><published>2007-03-13T10:13:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:51:11.504Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>La toponymie médiatrice</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RfZ50_a5R9I/AAAAAAAAAGM/2vC8eJbs2MM/s1600-h/12.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RfZ50_a5R9I/AAAAAAAAAGM/2vC8eJbs2MM/s320/12.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5041350784172246994" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me souviens d’un différend ayant opposé fermement deux hommes qui se prétendaient chacun propriétaire d’une même parcelle de terrain et qui eût trouvé son aboutissement devant les flasques bajoues d’un juge de tribunal d’instance endormi si, chaussant leurs bottes et ayant empoché les photocopies du cadastre, les deux protagonistes ne s’étaient rencontrés sur le terrain et ne s’étaient  alors l’un et l’autre piqués subitement de toponymie.&lt;br /&gt;C’était en région saintongeaise.&lt;br /&gt;La  parcelle était longue de deux cent cinquante mètres au moins et large de six mètres seulement. Elle était située à l’orée d’une petite forêt de chênes.&lt;br /&gt;Pour l’un, elle constituait l'extrémité des prairies qui vallonnaient jusque là depuis la rivière en contrebas, pour l’autre elle était au contraire la fin des bois, la lisière, qu’il se proposait d’ailleurs de couper pour sa provision de chauffage.&lt;br /&gt;Il y avait là de beaux fûts de chênes noirs.&lt;br /&gt;On était en novembre et le vent de l’ouest se balançait doucement dans les feuilles bigarrées. Une à une, elles venaient se poser sur les chemins fangeux, doucement, délicatement, comme pour ne pas y mourir trop brutalement.&lt;br /&gt;Les deux hommes possédaient des actes en bonne et due forme et arpentant , mesurant, multipliant par l’échelle du plan cadastral, ils tombaient invariablement sur la même bande de terre, trois mètres de pré, trois mètres de chênaie.&lt;br /&gt;Ils en juraient tous leurs saints dieux.&lt;br /&gt;L’un tenait cette parcelle de son père qui la tenait de son grand-père maternel qui la tenait lui-même d’une dame Dupont née Durand et de…&lt;br /&gt;Les noms changeaient, on se perdait dans la généalogie.&lt;br /&gt;L’autre prétendait aux mêmes héritages, sauf que, léger avantage, le grand-père était paternel et que donc le patronyme voyageait beaucoup plus loin dans le temps.&lt;br /&gt;Erreur de bornage, de cadastre, de successions, d’inscriptions ? Ce bout de terrain était à l’un et à l’autre, moitié pacage, moitié taillis et il faudrait bien finir par en appeler au jugement public.&lt;br /&gt;On se désolait de part et d’autre de la longueur de la procédure et surtout des frais.&lt;br /&gt;On se lorgnait alors, on se toisait, on se jetait des regards torves car lesdits frais, on le savait trop bien, seraient réclamés au perdant.&lt;br /&gt;Etait-ce bien raisonnable ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’un dit qu’il avait entendu son grand-père nommer l’endroit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le Bois des Essarts&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;L’autre contesta. Chez lui, on appelait ce terrain &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Renfermis&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;On s’agrippa, on s’énerva. On se traita de menteur et de voleur et, la fantaisie de faire les érudits ne les eût-elle pris, qu’on en serait sans doute venus aux mains…&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Renfermis&lt;/span&gt;, rin de tout ça dans la mémoire de notre famille !&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Essarts&lt;/span&gt;, que ça veut dire quoi &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Essarts&lt;/span&gt;, pour dire un bois ?&lt;br /&gt;Une prairie !&lt;br /&gt;Non. Un bois !&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Essarts&lt;/span&gt;, ignorant que tu es, ça veut dire un endroit qui a été défriché.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Renfermis,&lt;/span&gt; ignorant toi-même, ça veut dire un champ entouré de bois, naturellement clos, tellement qu’on peut y mettre les bêtes à paître sans surveillance.&lt;br /&gt;Les lourds dictionnaires ayant été consultés derechef au détriment des minces actes notariés, on en vint à dire que l’endroit avait été travaillé jadis par deux ancêtres peu scrupuleux, l’un ayant fait reculer  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;le Bois des Essarts&lt;/span&gt; et l’autre, au contraire, l’ayant laissé gagner sur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Renfermis&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;La bande de ce minuscule coin de la planète appartenait bel et bien aux deux compères.&lt;br /&gt;On calcula des heures et des heures, on griffonna, on ratura, on se prit presque par le colbach avant d’arriver à un certain litrage de lait à fournir à l’année en échange d’un cubage pour prix équivalent de bois de chauffage.&lt;br /&gt;Ce après quoi, on trinqua abondamment à la santé des dictionnaires et, se tapant fort sur les cuisses, on dit que nom de dieu, on avait bien fait de ne pas s’aller fourrer entre les pattes des chats fourrés !&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-7761610471891296439?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7761610471891296439'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7761610471891296439'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/03/je-me-souviens-dun-diffrend-opposant.html' title='La toponymie médiatrice'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RfZ50_a5R9I/AAAAAAAAAGM/2vC8eJbs2MM/s72-c/12.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-8007275052933060338</id><published>2007-03-08T08:05:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:52:30.872Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes de Dominique'/><title type='text'>Correspondance</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Vieille tour que le soir dorait dans le lointain,&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je me méfie : 11.30 : la réponse risque d’être longue. Vaut mieux fichier joint.&lt;br /&gt;Bien reçu tes explications sur lesquelles il me faudrait rebondir, mais si on passe son temps à rebondir, on ne va pas au but. Oh ! Oh ! le poète exilé, il va me dire : « Mais il n’y a pas de but » Mais moi, le foot, je n’y ai joué qu’à trois, sur le parvis du temple protestant à La Rochelle, avec mon frère et mon cousin, mon frère était attaquant, mon cousin, goal, et moi, qui suis resté le plus fier, « goal volant ». J’aimais bien ça, goal volant, pour le mot d’abord, et puis parce que je me faisais pas chier à attendre que la balle arrive, comme tous ces fainéants de goals qui sont payés des fortunes pour regarder le match mais bon je digresse. Tu vas me dire, si on rebondit, on arrive plus vite en touche, et la vraie partie, elle se joue là, tout autour des touches. Oh ! Oh ! poète, rue St Michel, il n’y avait qu’une touche, sur le parvis du temple, en face, c’était le mur. Quand la balle partait en touche, fallait traverser la rue, avec les deux chevaux, les arondes, les ondines, les dauphines, les quatre chevaux, les quatre santrois, les juva 4, les Ysetta, les tractions, et les clochards qui poussaient une charrette tirée par-dessous par deux chiens serviables et, il faut bien le dire, efflanqués.&lt;br /&gt;Je suis bien d’accord avec toi, sur la façon d’écrire qu’on sent bien une mode, qui voudrait sonner le glas de ce qui précède alors qu’elle ne sonne que le creux de ce qui risque de suivre. Mais je crois que j’en parle dans ma lettre, elle doit être en train –ou en avion- de passer la frontière en ce moment. Mon copain Patrick, li, se réclame du romantisme allemand, mais je ne trouve que des définitions floues, il faudra que je regonfle mon ballon, de cet air dont on fait les flûtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avons joué au Corrigan’s hier soir, jusqu’à une heure  de ce matin. Un admirateur, mais le mot est un peu fort, m’a dit qu’il existait des partitions et un groupe spécialisé dans le Brassens irlandais. L’expression fait mal, mais je savais qu’il y avait quelque chose à faire dans ce sens. Après que j’ai chanté Les dames du temps jadis, le groupe reprend le thème en valse un peu moyenâgeuse, et poursuit par une valse irlandaise qui lui ressemble fort et c’est très beau, oui monsieur, très beau. Les reels irlandais ne sont ni plus ni moins que les tchapoum tchapoum du poète callipyge. J’ai chanté avec autant de plaisir que de succès, vois la modestie de mon propos, « Pour me rendre à mon bureau » de J Boyer, que le poète cacochyme interpréta bêlement.&lt;br /&gt;Mais je m’égare, je m’égare, j’ai voulu répondre surtout à ta demande de Souvenir de Concert , que je pense avoir satisfaite par un fichier joint quelque part. Mais si, tu l’as reçu puisque tu m’as demandé si il fallait corriger « Wieshna » par Wioshna ». Enfin , je le joins quand-même. J’en n’ai pas fait d’autre depuis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, la pluie, la pluie, la pluie. Mais c’est bien. On a battu le record de février et c’est bien pour la nappe. Le Mignon est devenu ravissant. Ils vont pouvoir reprendre le maïs. Pour ma part, j’ai trois tâches en vue pour cette journée de vacance en solitaire. (Jan est partie bosser à 7 heures, à Bordeaux) :&lt;br /&gt;regarder le double DVD que Gilles m’a prêté : « No direction Home » de Scorsese, sorte de biogaphie- reportage-film-concert sur Bob Dylan.&lt;br /&gt;Dès que la pluie cesse, filer à Benon, parce que je sais qu’ils ont une thèse sur les origines du village, et je me souviens vaguement de la première page qui dit que le mot vient de BENE… : « où il fait bon vivre », un peu comme ben’aise. Ce gros bouquin (jamais édité)  relié par les moyens Dubord, a été en vente au tabac de Courçon jusqu’au mois dernier, où son auteur mourut de sa belle mort, il s’appelait Bonneau et il était venu me voir quand j’enseignais là-bas, pour consulter les registres d’appel du siècle antepénultième. Je dois voir aussi pour Champ Chalons, c’est là qu’ils ont trouvé les tumulus, mais rien non plus sur les sites de toponymie que tu as dû consulter.&lt;br /&gt;Poursuivre mon étude du  Modeste, qui n’avance que modestement et dont je te livre les deux premières lignes :&lt;br /&gt;« Les pays, c’est pas ça qui manque,&lt;br /&gt; On vient au monde à Salamanque »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça y est ! Nous sommes chez Brassens…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que voilà un bon début ! tout le reste est étiqueté mais non rédigé. Le plus agréable reste à faire. Ça viendra, ça viendra. Paris ne s’est pas fait en un jour. Tous les proverbes ont beau être cons dans le fond, parfois, la forme est belle. Il faudrait faire un recueil de tout ça, avant qu’ils ne disparaissent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui oui, Monsieur l’Inspecteur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Bisoudom.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dominique&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-8007275052933060338?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8007275052933060338'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8007275052933060338'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/03/correspondance.html' title='Correspondance'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-5309323943690360659</id><published>2007-03-02T11:04:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:52:58.713Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Brassens'/><title type='text'>De la corde de pendu....</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RegFBbSSZ3I/AAAAAAAAAFk/s4-DEtBi6Pc/s1600-h/gb1116.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RegFBbSSZ3I/AAAAAAAAAFk/s4-DEtBi6Pc/s320/gb1116.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5037281705276368754" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Brassens, dont les béotiens de tout poil ont dit, disent et diront encore longtemps qu’il ne s’engageait pas pour les grandes causes et sur les grandes préoccupations de son temps, ceux-ci considérant sans doute que s’engager c’est porter ostensiblement à bout de bras les drapeaux de ses convictions, avait pourtant fait en même temps son entrée et un scandale  par un pamphlet remarquable contre la peine de mort, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Gorille.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Forestier raconte cette anecdote où de jeunes artistes - dont lui - avaient justement organisé, bien plus tard, un concert contre la peine de mort. Ils avaient invité Brassens qui gentiment avait décliné, disant qu’il n’était pas à son aise dans les grandes kermesses et que sa présence n’apporterait pas grand-chose de plus à cette manifestation qu’il soutenait néanmoins de tout cœur.&lt;br /&gt;A force d’insistance et pour faire finalement plaisir à ces sympathiques chevelus, Brassens consentit tout de même à faire une furtive apparition, mais hors affiche.&lt;br /&gt;Ce fut bref.&lt;br /&gt;Le poète moustachu entonna deux titres, le pied sur son éternelle chaise et aux lèvres le non moins éternel sourire, avant de céder précipitamment la vedette aux jeunes artistes.&lt;br /&gt;Bien trop bref.&lt;br /&gt;Le public se leva, réclama, appela, se bouscula, hua, à tel point qu’on rattrapa Brassens qui déjà s’était installé au volant de sa DS et qu’on le supplia de remonter, sans quoi la soirée  risquait de tourner à l’émeute.&lt;br /&gt;On remit la chaise à sa place et Brassens interpréta, magistral, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Gorille&lt;/span&gt;. Il y eut alors quelques secondes d’un silence pathétique avant le tonnerre d’applaudissements, quand il conclut :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;«Comme l‘homme auquel le jour même il avait fait trancher le cou !»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emu, Forestier se souvient : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tous avons su alors pourquoi il était venu. Mais il nous a fallu attendre le dernier vers. Pour ne pas nous faire de l’ombre, à nous, jeunes artistes de la contestation…»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fut la seule contribution  de Brassens à un concert militant et c’est vrai que le dernier vers tombait comme un couperet. C’est d’ailleurs l’unique fois, si ma mémoire ne me joue pas un sale tour, où Brassens dans ses poèmes fait directement allusion à cette horreur sanglante que fut la guillotine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’inconditionnel de Villon quand il évoque le châtiment suprême parle de la pendaison, que ce soit dans la Mauvaise réputation, la Messe au pendu, Celui qui a mal tourné, le Moyenâgeux, les Quatre bacheliers, le Grand chêne, Mourir pour des idées ou encore, magnifique, le Verger du roi Louis de Théodore de Banville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps nous joue des tours et des erreurs de parallaxe.&lt;br /&gt;«&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Plus de danse macabre autour des échafauds » &lt;/span&gt;qui déjà peut nous paraître suranné, a été écrit dix ans, oui, dix ans avant l’abolition de la peine de mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis pas certain que les visions des poètes de ce début 2007 portent aussi loin leurs lumières et leurs exigences humanistes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-5309323943690360659?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5309323943690360659'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5309323943690360659'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/03/brassens-dont-les-botiens-de-tout-poil.html' title='De la corde de pendu....'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RegFBbSSZ3I/AAAAAAAAAFk/s4-DEtBi6Pc/s72-c/gb1116.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-4409292997971847045</id><published>2007-02-27T10:35:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:53:19.288Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes de Dominique'/><title type='text'>Souvenir de concert</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/ReQJ3h17J5I/AAAAAAAAAFY/0521S7OkZTE/s1600-h/Parczwez.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/ReQJ3h17J5I/AAAAAAAAAFY/0521S7OkZTE/s320/Parczwez.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5036161132889057170" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;  &lt;span style="font-style: italic;"&gt; -&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Il est bon de se souvenir de concert-         &lt;/span&gt;                                                             &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                   D.Le Saout&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’était en Pologne.&lt;br /&gt;Ils disaient qu’on était au printemps.&lt;br /&gt;« Wieshna », si mes souvenirs sont bons.&lt;br /&gt;On aimait les profs de français, toutes joliment dégarnies des chevilles jusque bien plus haut.&lt;br /&gt;Toutes, un excellent niveau de français…&lt;br /&gt;Le christianisme à 95% admet la mini-jupe si elle est bleu marine et plissée.&lt;br /&gt;On leur disait, de collège en collège, d’un air le plus entendu possible : « Wiehna ? »&lt;br /&gt;Elles répondaient invariablement, les yeux brillants de tant de promesses : « Tak tak ! »&lt;br /&gt;« Oui oui ! » s’empressait notre interprète-chauffeur-ingénieur du son-garde du corps jaloux.&lt;br /&gt;Elles étaient contentes de tant de communication, et nous, on rêvait de  cette double onomatopée en les suivant au talon, tête baissée.&lt;br /&gt;Ce jour-là, quelle effervescence dans ce collège du far-est !&lt;br /&gt;Un sous-chef diligent, moustachu et sûr de sa cause, menait les affaires rondement.&lt;br /&gt;Nous étions plus qu’attendus : tapis rouge de confusion, courbettes et bouches en coeur à l’ouvrage.&lt;br /&gt;Ce couloir était à notre grande joie, interminable : nous nous bousculions tous les quatre (on avait les guitares) pour suivre notre  « Nathalie ».&lt;br /&gt;Nous croisions des profs bienveillants, des pions flattés, des balayeuses admiratives, des adolescent(e)s en émoi, des inspecteurs entièrement d’accord.&lt;br /&gt;Je pensais, trac aidant, à ces gladiateurs acclamés dans les couloirs obscurs et suitants, titubant vers ce trou aveuglant de lumière, cette arène grondante d’impatience où morituri te salutant.&lt;br /&gt;Ce fut pire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut connaître le fabricant de cerf-volants avec le drapeau tricolore, le remord de la légion d’honneur, le tapeur de cul par terre, l’arborant de toupet, le lanceur de patte aux culs terreux, l’éternel moins de quatre, qui m’accompagnait pour comprendre la surprise, la stupeur de se retrouver sous la lumière crue d’un gymnase bondé qui applaudit à tout rompre ces deux écornifleurs de mots si savamment ficelés par leur maître Georges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut s’imaginer nos deux potes impressionnés devant un immense rideau rouge où brillait par son manque de sens une phrase en polonais signée Jean Giono, tandis qu’au comble de l’horreur, de son bel accent de demoiselle d’Avignon, Mireille Mathieu coassait la Marseillaise aux oreilles de quelque six cents personnes, debout, les métacarpes douloureusement maintenues dépliées.&lt;br /&gt;J’entendis mon troubadour en jean murmurer : « Dominique, dis-moi que c’est pas vrai. »&lt;br /&gt;Je m’entendis répondre : « Chut ! Tiens-toi droit, et sors la poitrine ! »&lt;br /&gt;Habitués à un garde-à-vous de toute autre nature, nous sûmes maintenir la position.&lt;br /&gt;Lorsque le sang impurr eut abrreuvé nos microsillons, nous entonnâmes sur une jambe :&lt;br /&gt;            &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Comme de la patrie, je ne mérite guère, »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;             « J’ai pas la croix d’honneur, j’ai pas la croix de guerre »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le tombeau ouvert qui nous servait de taxi,sur la route du retour défoncée par les neiges d’antan, on pissait de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dominique Le Saout&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Nota bene &lt;/span&gt;: La phrase de Giono disait, mais c'était pas évident : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;" Tous les pays, comme les gens, ont de la noblesse quand on développe avec eux des rapports amicaux."&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-4409292997971847045?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/4409292997971847045'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/4409292997971847045'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/souvenir-de-concert.html' title='Souvenir de concert'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/ReQJ3h17J5I/AAAAAAAAAFY/0521S7OkZTE/s72-c/Parczwez.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-1200815269666658324</id><published>2007-02-21T14:29:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:54:16.535Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Les années 60, la fin du néolithique</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rd2t1HdMJLI/AAAAAAAAAFA/Nreyz3Uxa4M/s1600-h/janow+6.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rd2t1HdMJLI/AAAAAAAAAFA/Nreyz3Uxa4M/s320/janow+6.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5034371086516233394" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un extrait du manuscrit, "Le silence des chrysanthèmes", relégué au fond de mes tiroirs...&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’univers léthargique et vivrier des campagnes commençait cependant de chanceler dangereusement sur ses bases. Inéluctablement, la carapace qui le tenait au chaud et le protégeait des intrusions se lézardait. Le vase clos se fissurait, laissant filtrer les bruits de la ville, ses frasques et ses conforts.&lt;br /&gt;Peu à peu, le rideau se levait sur le monde et les lueurs d’une lointaine étoile, inconnue, arrivaient pas à pas jusques dans nos villages et nos hameaux. Le progrès, c’était comme cela qu’elle s’appelait cette étoile et elle signifiait tellement de choses, vagues ou précises, qu’on l’employait à tout bout de champ. Son nom était sur toutes les lèvres. Pour toutes choses insolites on désignait cette étoile, on disait en bombant le torse ou bien en haussant dédaigneusement les épaules, que c’était le progrès.&lt;br /&gt;Les hommes s’en réjouissaient ou s’en affligeaient, selon qu’ils sachent orienter cette lumière nouvelle pour qu’elle éclairât leur chemin ou selon qu’ils pressentissent qu’elle allait les plonger dans l’ombre. En tous cas, qu’on l’accueille les bras ouverts ou en courbant l’échine, tout le monde était d’accord pour dire qu’on n’y pouvait plus rien.&lt;br /&gt;La fatalité frappait à nos portes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers acteurs à qui l’on a signifié la fin de la représentation furent bien les chevaux. On cessa peu à peu  de leur passer brides, sous-ventrières et colliers et tout ce bel harnachement de cuir resta suspendu au clou d’une écurie, en proie aux poussières et aux tissages des araignées. On diminua les rations d’avoine, on ne sortit plus le cheval qu’une ou deux fois l’an, pour chausser la vigne ou ramasser par les sentiers limoneux les stères de bûches. Bientôt, on arracha la vigne et on acheta le vin. On abandonna la hache et on acheta du fuel.&lt;br /&gt;Alors, un clair matin, un gros boucher, débonnaire et couperosé, en vint à reculer sa bétaillère jusqu’à la porte de l’écurie.&lt;br /&gt;Au bout du sillon, pour les fiers travailleurs des champs, le rideau était définitivement tombé. Un à un, ils avaient rendez-vous avec les couteaux d’un abattoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la plaine, les tracteurs se mirent à ramper. Leur puissance éventrait autant de terre en une petite journée que les chevaux en une longue semaine. Le paysan trouva enfin le temps de se vanter de son ouvrage, d’acclamer la nouvelle étoile et de maudire son hier où il s’était cassé les reins à  marcher à côté de la charrue. Maintenant, il labourait assis et beaucoup plus profondément.&lt;br /&gt;Il advint alors qu’il n’eut plus assez de champs pour sillonner toute la saison et comme il n’était pas né pour se tourner les pouces, il acheta, il acheta encore, il acheta avec frénésie et, au bout de son raisonnement débridé, considéra que tout ce qui n’était pas un champ pour que son tracteur y fume et y gronde, était inutile et encombrant. Il entreprit ainsi d’arracher non seulement les vignes mais encore des halliers, des haies, des buissons, des bois.&lt;br /&gt;La plaine ne cessa de reculer ses frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tapis dans la chaleur de bureaux moquettés, des hommes, tout aussi nouveaux que la lumière de la nouvelle étoile, comptaient des sous. Ils étaient des hommes qui savaient faire des opérations longues comme un jour sans pain, capables de mettre dans un tiroir une pièce de vingt sous avec une pièce de cent sous pour qu’elles copulent sereinement, de rouvrir le tiroir et d’en exhiber le fruit de leurs savantes manipulations génétiques, un gros billet de mille.&lt;br /&gt;Larves jusqu’alors ignorées, la nouvelle lumière les avait fait éclore, des ailes d’insectes leur étaient poussées, ils avaient pris leur essor et ils ne s’étaient plus arrêtés de voler, toujours plus haut, toujours plus effrontément.&lt;br /&gt;Au début, ils allaient et venaient de par les fermes, bonasses, affables, une sacoche de cuir noir sous le bras et ils traversaient les cours boueuses, entre le tas de fumier et la fosse à betteraves, en sautillant sur la pointe des pieds pour ne pas maculer le vernis de leurs belles chaussures pointues, mais toujours souriants, distribuant à l’envi des bonjours madame  et des  bonjours monsieur  suaves comme du miel d’acacia et convenant généralement que c’était  un sale temps.&lt;br /&gt;Ils avaient dû apprendre ça à l’école que ça faisait toujours plaisir aux gens de leur dire qu’il faisait un sale temps.&lt;br /&gt;Puis ils en eurent marre de dire des bonjours comme ça et de salir leurs chaussures. Alors, ils invitèrent le paysan à venir les voir. C’était mieux pour faire des opérations, sur un bureau avec des lampes et des sous-mains, plutôt que sur un coin de table avec des miettes, des pots de pâté ouverts et des taches de gros rouge.&lt;br /&gt;On ne les vit plus.&lt;br /&gt;Ils envoyaient des chiffres par le facteur, lequel facteur était maintenant en mobylette. Le roi n’était plus son cousin, à celui-là. On eût dit qu’il ne voulait plus être un bon facteur moustachu qui aimait bien, par les chemins et par les bois, apporter des bonnes nouvelles, mais un gars qui se plaisait à venir emmerder les autres avec des grandes enveloppes tamponnées. Il n’avait même plus le temps de casser la croûte chez les gens, le facteur. L’odeur de l’essence lui était sans doute montée à la tête.&lt;br /&gt;Désormais, si le paysan voulait causer avec une larve devenue insecte rogue, il n’avait qu’à prendre son habit du dimanche et l'autobus pour venir sonner aux portes de la ruche. Si l’autre n’était  pas trop occupé  à faire s’accoupler des billets et des pièces, il pouvait entrer, en faisant tourner sa casquette dans sa main, en s’excusant parce que la cendre du mégot avait atterri sur le tapis et muet, tout petit devant les tableaux aux murs, les dossiers en carton alignés dans les armoires et le gros téléphone qui n’arrêtait pas de s’agiter.&lt;br /&gt;Il ressortait de ce guêpier, soit la tête baissée, n’ayant plus un maigre champ où faire pousser sa luzerne, soit le port altier et un orgueilleux sifflement au coin des lèvres, de nouvelles parcelles étant venues grossir l’espace où il pourrait faire vrombir son tracteur tout neuf.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y en eut en effet  pour qui la lumière était arrivée alors qu’ils étaient à peine levés. Ils l’avaient donc bien regardée dans les yeux,  l’avaient saluée, avaient vu d’où elle venait et où il fallait aller pour ne pas la perdre de vue.&lt;br /&gt;Mais il y en eut d’autres pour qui l’heure d’aller se coucher avait quasiment sonné quand leur parvint ce nouvel éclairage, alors ils ne trouvèrent pas l’énergie nécessaire pour capter son rayonnement. Ils s’en moquaient, à vrai dire. Ils essayèrent pourtant, avec les mêmes difficultés qu’eurent sans doute les cochers de diligence à passer chauffeurs de taxi, à cheval sur deux époques, aux prises avec deux raisonnements contradictoires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi fut notre plus proche voisin, celui qui répondait au glorieux prénom de Louis, mais sans numéro de dynastie, si ce n’est celui des cons crucifiés sur l’autel des exigences nouvelles. Il avait pourtant eu de beaux et de robustes chevaux, dont il avait été très fier et sans doute fut-il un des derniers à être contraint de se convertir.&lt;br /&gt;Il lui avait alors pris fantaisie d’acheter un tracteur avec l’argent des deux chevaux, justement, embarqués dans la bétaillère, augmenté d’un bien gentil petit coup de pouce du monsieur qui était venu sur la pointe des pieds en souriant qu’il faisait mauvais temps.&lt;br /&gt;Le tracteur flamboyait tout rouge, un tracteur allemand avec un grand nez arrondi et deux phares globuleux au bout de deux longues tiges courbées comme des antennes, qu’on eût dit un grotesque grillon.&lt;br /&gt;Louis ne décolérait pas que son nouveau cheval à gasoil fût allemand, lui que les Fridolins avaient fait prisonnier pendant cinq ans et qui avait maintenant des aigreurs d’estomac tellement qu’il avait mal mangé là-bas, une vingtaine d’années auparavant. Des racines, qu’il disait qu’il avait mangées et il avait bu l’eau croupie des ornières.&lt;br /&gt;Il se plaignait surtout du massacre de son anatomie à la fin d’une barrique, quand le vin était devenu un peu aigrelet. A cause de ces salauds de Boches, il finirait par être obligé de ne plus en boire, de son vin.&lt;br /&gt;A moins de passer à deux litres par jour, progressivement, au lieu de quatre.&lt;br /&gt;Il espérait, devant nous les enfants, qu’il n’y aurait plus jamais de guerre.&lt;br /&gt;C’était une saloperie, la guerre.&lt;br /&gt;Au moins, cet estomac rebelle lui inspirait-il de généreuses pensées humanistes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-1200815269666658324?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1200815269666658324'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1200815269666658324'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/les-annes-60-la-fin-du-nolithique.html' title='Les années 60, la fin du néolithique'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rd2t1HdMJLI/AAAAAAAAAFA/Nreyz3Uxa4M/s72-c/janow+6.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-3744658802952999461</id><published>2007-02-19T15:11:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:54:57.767Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Etrange</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RdnHundMJJI/AAAAAAAAAEk/-AqFKUldeDo/s1600-h/gse_multipart66015.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 314px; height: 209px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RdnHundMJJI/AAAAAAAAAEk/-AqFKUldeDo/s320/gse_multipart66015.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5033273662242563218" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Le mythe du voyageur fou n'est-il  pas mort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il fait froid, c'est l'hiver et il neige et il gèle la nuit jusqu'à moins vingt parfois. Personne ne s'en émeut. Nous sommes en climat continental, n'est-ce-pas,  et en hiver aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un chemin gelé que la solitude et le silence rendent plus froid encore, au blizzard exposé, à l'écart de la route, la seule,  qui relie Varsovie à Moscou,  sur un chemin qui par  la forêt pétrifiée descend sur un hameau endimanché d'un sommeil tout blanc, il était là, sans voix, ses pieds noircis gelés et son manteau troué qui pendait, qui pendait sur sa chaussure en toile...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il eût pu être mon fils. Jeune. Une absence terrifiante dans le regard tout bleu. Quelque part dans sa poche un papier avait dit à ceux qui le trouvèrent trébuchant sur la neige et la tête baissée, qu'il était un Français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, je ne sais d'où je viens, a t-il murmuré en tremblant ses lèvres éclatées jusqu'à mon oreille.&lt;br /&gt;je ne sais où je vais&lt;br /&gt;je ne sais où je suis.&lt;br /&gt;Langage pur venu d'un pays  trop lointain.Le mien.&lt;br /&gt;Le bout des doigts était gelé aussi. Cet homme avait marché, marché longtemps et serré dans ses bras la solitude éperdue des nuits aux étoiles glacées.&lt;br /&gt;Une larme ? Dans ses yeux ? Non. Dans les miens. Son oeil avait trop froid pour laisser couler une souffrance.&lt;br /&gt;Cet homme n'avait plus peur.&lt;br /&gt;Un étranger de mon pays qu'une étrange et silencieuse tempête avait échoué sur un chemin gelé...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ma main tendue, qui tremblait, qu'il n'a pas vue.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-3744658802952999461?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3744658802952999461'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3744658802952999461'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/etrange.html' title='Etrange'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RdnHundMJJI/AAAAAAAAAEk/-AqFKUldeDo/s72-c/gse_multipart66015.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-88688924626007075</id><published>2007-02-16T13:46:00.000Z</published><updated>2007-03-16T07:07:42.167Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes de Dominique'/><title type='text'>Poème de Dominique pour ses gamins de CM</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RfpBiPa5R_I/AAAAAAAAAGc/J8zyFqZpW7I/s1600-h/arbre.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RfpBiPa5R_I/AAAAAAAAAGc/J8zyFqZpW7I/s320/arbre.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5042414789305386994" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Le Meilleur Ami de l'Homme&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:100%;" &gt;L&lt;/span&gt;e meilleur ami de l’homme, ce n’est pas le chien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;C’est l’arbre. L’arbre, mûr, sûr, pur et dur stoïcien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Il veille sans mot dire, brave éléphant-mémoire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Sur le cours des amours, sur le cours de l’histoire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;De ces couvées d’humains qu’il perçoit comme il peut,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Qui font tant de bruits, de gestes, pour rien. Ou si peu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Il les voit naître, grandir, ombrage leurs petits,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Salue les anciens, si lents, et si vite partis.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;En automne, il s’endort, mais reste bien vivant,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Et lorsqu’il respire, nous soupirons : « Quel vent ! »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Je sais qu’ils sont coquets, décorés par nos fêtes,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Je sais qu’ils se paient, les jours de marché, nos têtes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Chaque feuille s’imprime des secrets d’un de nous&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Et puis, une fois l’an, ils suppriment, oublient tout,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Pleurent nos souvenirs ou les confient tout bas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Aux vieilles hirondelles…qui ne reviendront pas.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Et voici le printemps : Nouvelle chance pour chacun !&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Le meilleur ami de l’homme, ce n’est pas le chien.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-88688924626007075?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/88688924626007075'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/88688924626007075'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/le-meilleur-ami-de-lhomme.html' title='Poème de Dominique pour ses gamins de CM'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RfpBiPa5R_I/AAAAAAAAAGc/J8zyFqZpW7I/s72-c/arbre.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-6741370873038961587</id><published>2007-02-09T10:19:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:57:09.588Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Brassens'/><title type='text'>Petites anecdotes de concerts - 2 -</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcxK9XdMJEI/AAAAAAAAADo/METI6RRDuko/s1600-h/accords.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcxK9XdMJEI/AAAAAAAAADo/METI6RRDuko/s320/accords.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029477301994923074" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;"&gt;Entre Sète et Montpellier&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je jouais un soir pour une association « De l’Aunis à l’Oural », et deux jeunes guitaristes russes, étudiants de l’université de Moscou, participaient également au spectacle. Ils avaient joué du rock et aussi des chants traditionnels russes.&lt;br /&gt;Ils avaient une voix superbe.&lt;br /&gt;Je les avais invités à participer à mon répertoire et je les avais accompagnés sur « Dans l’eau de la claire fontaine.»&lt;br /&gt;Un moment inoubliable.&lt;br /&gt;Si ce n’est avant le concert, une discussion sur la Tchétchénie, que j’avais eu la maladresse de provoquer, et qui m’avait fait froid dans le dos. Tout musiciens que nous fussions, nous ne voyons pas exactement les choses de la même façon, c’est le moins qu’on puisse dire.&lt;br /&gt;Bref, là n’est pas, aussi grave soit-il, mon propos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais évidemment parlé de Brassens, de son oeuvre, de sa vie, de Sète.&lt;br /&gt;A l’entracte, c’est un gros gars qui est venu me trouver, un géant impressionnant, la moustache généreuse retombant en halliers sur ses lèvres sanguines. Nous sirotions du vin chaud. Il me surpassait d’au moins deux têtes et je devais me tordre le cou et relever la mienne pour n'apercevoir, finalement, qu'une pomme d'Adam.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, c’est bien ! Bravo !  Je voulais vous féliciter…Et de sa main large comme une enclume, il me rudoyait amicalement l’épaule.&lt;br /&gt;- Mais vous vous êtes trompé, pour Sète, poursuivit-il, goguenard.&lt;br /&gt;- Ah ? C’est possible…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je revenais justement de Sète où j’avais été invité pour le vingtième anniversaire de la mort du Poète et peut-être avais-je commis une erreur de date ou de lieu en y faisant allusion.&lt;br /&gt;Le gros gars benêt, là, devant moi, avait l’air sûr de son fait et quoi qu’il fût d’aspect débonnaire, ses mensurations étaient de nature à refroidir toutes velléités de controverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oui, déclara t-il,  Brassens était de Montpellier.&lt;br /&gt;J’étais amusé par ce gros bonhomme et sa non moins grosse erreur.&lt;br /&gt;Je lui souris.&lt;br /&gt;- Ah, non, Brassens est né à Sète.&lt;br /&gt;-Non, non, j’vous dis. Je suis chauffeur routier. Alors, vous savez, du pays, j’en vois et quand je passe à Montpellier, je m’arrête toujours sur sa tombe. Parce que Brassens, c’est pour moi, etc.…etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis dit que ce Monsieur, dans son rude métier, devait souvent se tromper de route… ou de client. Voire, dans le privé,  de tombe ou d’enterrement.&lt;br /&gt;C’était avant la vulgarisation du GPS, c’est vrai, mais quand même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 153);"&gt;…Et pour une escalope&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, c’était pas un concert. C’était à Lorient. Une signature dans une librairie. C’était en mai et il faisait vraiment chaud. &lt;a href="http://www.aupresdesonarbre.com/arts/art2829.htm"&gt;Patrick&lt;/a&gt;, l’éditeur, suait sous son indéfectible et noir chapeau et nous faisions de régulières escapades en face, à la terrasse d’un grand bistrot, pour nous y mouiller généreusement les amygdales.&lt;br /&gt;J’étais derrière ma table et je me languissais. Des gens venaient, discutaient, palpaient le livre.&lt;br /&gt;J’en avais tout de même signé une dizaine dans l’après-midi.&lt;br /&gt;J’allais donc  plier les gaules quand une petite femme aux allures pressées, qui allait passer son chemin et filer vers un autre destin, entraînant par la  main une fillette, s’arrêta tout net devant ma table en poussant un petit cri de franche surprise :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, Brassens !&lt;br /&gt;- Eh oui…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle prit le livre, parcourut la quatrième, revint à la couverture,  fit la moue et déclara :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ n’aime pas Brassens….&lt;br /&gt;J’étais déçu. Cette petite bonne femme alerte m’était en effet soudainement sympathique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ça arrive, dis-je comme un corniaud.&lt;br /&gt;- Enfin, c’est pas que j’n’aime pas. C’est que je comprends pas tout. Voilà.&lt;br /&gt;- Ça arrive, m’entendis-je récidiver comme un triple idiot.&lt;br /&gt;- Mais vous savez quoi ?&lt;br /&gt;- Ben non…&lt;br /&gt;- Je vais vous en  acheter deux…&lt;br /&gt;Je ne comprenais pas. Retrouvant un semblant d’esprit, je m’interposai tout sourire :&lt;br /&gt;- Il ne faut pas acheter des livres qu’on…. Qu’on n’aime pas.&lt;br /&gt;Il faisait vraiment trop chaud ou alors nous avions trop forcé sur les demis. J‘avais failli dire « qu’on ne comprend pas ».&lt;br /&gt;- Oui, mais mon mari est un vrai mufle, un phallo qui ne fait rien à la maison, pas un plat, pas un coup de balai, n’étend jamais le linge, ne fait strictement rien des choses ménagères…Rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais évidemment sidéré de tant de confidences intimes, spontanées et hors sujet et j’attendais la chute avec effroi.&lt;br /&gt;La petite femme s’excitait. Elle poursuivit :&lt;br /&gt;- Il ne fait que les courses chez le boucher. C’est tout. Et vous savez pourquoi ?&lt;br /&gt;- Ma foi, non.&lt;br /&gt;Elle sembla s’agacer de tant d’ignorance de la part d’un écrivain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Eh ben,  mon mari il adore Brassens. Et le boucher aussi, et quand ils sont tous les deux, ils en profitent, ils  passent des temps infinis à parler de Brassens.&lt;br /&gt;- Ah, c’est curieux, aggravai-je mon cas.&lt;br /&gt;- C’est comme ça. Alors, vous allez m’en signer deux et je vais leur offrir. Ça, ça va leur faire vraiment plaisir…&lt;br /&gt;Je m’appliquai à deux belles dédicaces,  une pour Jules et une pour Félicien, remerciant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;in petto&lt;/span&gt; ce boucher poète et ce pendard de mari phallocrate.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brave dame ! Je la revois encore, tout excitée et tellement authentique !&lt;br /&gt;Au dîner, je conseillais à Patrick de varier un peu et d’organiser parfois des signatures dans les boucheries-charcuteries.&lt;br /&gt;Il se trouve qu’il s’y trouve aussi des gens férus de poésie.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-6741370873038961587?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/6741370873038961587'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/6741370873038961587'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/petites-anecdotes-de-concerts-2.html' title='Petites anecdotes de concerts - 2 -'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcxK9XdMJEI/AAAAAAAAADo/METI6RRDuko/s72-c/accords.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-582056655658788305</id><published>2007-02-08T12:55:00.000Z</published><updated>2007-04-11T12:58:36.391Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Brassens'/><title type='text'>Petites anecdotes de concerts - 1 -</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le public d’un interprète de Brassens est toujours un copain et un complice. Un clin d’œil. On est là dans un cercle d’amis. On a été convoqués, par des affiches ou des entrefilets dans les journaux, voire par les murmures du bouche à oreilles, à venir célébrer un autre ami commun, disparu.&lt;br /&gt;Mais que l’on va faire revivre un soir par la magie du verbe et de la guitare.&lt;br /&gt;Chacun vient donc avec son lot de souvenirs, avec son mot à dire, comment, quand, pourquoi, il a découvert et écouté Brassens. Alors, autour d’un verre c’est toujours un plaisir, le projecteur éteint, les cahiers de partitions rangés, les divers petits accessoires pliés et les guitares soigneusement remisées dans leur housse, d’échanger  quelques  mots avec ces gens venus vous applaudir, vous bien sûr, mais surtout Brassens.&lt;br /&gt;Jouer Brassens sur scène commande que l’on soit d’abord modeste. Ne jamais perdre de vue la silhouette du Poète qui vous a prêté ses mots et que ce sont ces mots-là que le public est venu entendre.&lt;br /&gt;Alors évidemment, il y a quelques anecdotes. Quelques-unes d’entre elles, vécues avec Dominique ou bien seul, parfois cruelles, le plus souvent amusantes, me sont revenues en mémoire à l’heure où je me prépare, ici en Pologne, à donner cinq concerts dans cinq villes différentes, devant un autre public, francophone celui-là et pour qui la verve de Brassens est inscrite dans une langue apprise et  non lapée au berceau.&lt;br /&gt;Une expérience plus difficile. Mais passionnante.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rcsq3ndMJDI/AAAAAAAAADc/fl-oFKMNHT8/s1600-h/Bertrand+Redonnet.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rcsq3ndMJDI/AAAAAAAAADc/fl-oFKMNHT8/s320/Bertrand+Redonnet.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5029160543861875762" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 153);"&gt;Déçu mais content&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous avions pris, avec Dominique, le parti d’éviter les grands standards qui, en dépit de leur valeur intrinsèque que nous ne contestons pas, nous semblaient ennuyeux à jouer. Un peu trop rabâchés pour tout dire. Ainsi la Brave margot, l’Auvergnat, les Bancs publics, Marinette et autres Copains d’abord n’étaient-ils jamais inscrits à notre répertoire. Nous recherchions l’interprétation de textes moins connus.&lt;br /&gt;Cela amenait parfois des déceptions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un soir, donc,  un brave monsieur, bien mis et d’un âge certain, s‘est approché de moi alors que j’étais encore en train de plier mes fils :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Vous ne jouez pas l’Auvergnat ? J’adore l’Auvergnat.&lt;br /&gt;- Non, nous ne la jouons pas. Mais c’est une belle chanson, c’est vrai.&lt;br /&gt;- Et Brave Margot…Ah, Brave Margot, j’aurais bien voulu l’entendre, Brave Margot…&lt;br /&gt;- C’est sûr, elle est bien.&lt;br /&gt;- Franchement, je m’attendais aussi à entendre   les Bancs publics. C’est une chanson qui a fait scandale à l’époque, vous savez. Du grand Brassens. J’avais vingt ans, alors, vous pensez si c‘est une chanson qui nous a marqués, nous les jeunes.&lt;br /&gt;- C’est vrai, mais voyez-vous, on peut pas tout jouer en une soirée.  Il y en a cent quatre vingt deux.&lt;br /&gt;- Cent quatre vingt deux ! Ah, fant’putain, en effet ! Mais quand même, les plus connues, c’est beau et ça fait plaisir. Et les Copains d’abord ? Vous jouez pas les copains d’abord  non plus ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais agacé. Faut dire que je suis toujours agacé quand il faut plier des fils. Dominique, lui, il est plus calme. Il lambine, il prend son temps. On dirait qu’i fait son lit. Il enroule, il range bien ses cahiers dans un sac, sac que j’avais baptisé « western » parce que c’était un joli vieux sac de cuir jaune un peu râpé, avec des lanières partout. Souvent aussi il volait à mon secours pour rabattre mon pupitre métallique dont j’étais en train de torturer les organes dans tous les sens sans trouver la solution du labyrinthe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- A ce que je vois, vous avez dû vous faire chier pendant une heure et demie, ai-je dit un peu brusquement au Monsieur.&lt;br /&gt;- Ah, non alors ! Pas du tout. C’était magnifique…. Vraiment. Je croyais connaître Brassens, mais là, je suis surpris.&lt;br /&gt;Puis, après une petite pause :&lt;br /&gt;- Vous voulez  boire un coup ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pendant que nous prenions notre bière, les coudes serrés dans la cohue, il me dit, pensif, un peu mélancolique même :&lt;br /&gt;- Ouais. J’croyais mieux connaître. J’crois que je vais m’acheter des disques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai su alors que le spectacle lui avait bien plu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;"&gt;Scandale sur un titre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était dans une auberge perdue au milieu des prairies et des marais et c’était l’hiver. En février je crois. Nous faisions un week-end performance : Vendredi soir, samedi soir et dimanche après-midi. Nous en sortions fourbus.&lt;br /&gt;Comme j’ai aimé ces concerts. ! Nous sommes venus  deux années de suite. Pendant que les gens arrivaient,  s’installaient en discutant dans la petite salle, Dominique et moi allions prendre l’air, parlions de choses et d’autres et les brouillards gelés alentour s’accrochaient aux prairies. Dominique rêvassait le nez dans des étoiles transies et les mains bien au chaud dans ses poches. Dominique pose toujours un regard interrogateur, métaphysique sur ces intelligences lumineuses, là-haut qui le fascinent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis nous entrions. Les vitres ruisselaient de buée. Nous serrions des mains et nous nous préparions à jouer. On nous montrait du doigt ou du menton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir-là, un petit gars un peu bedonnant, la mine poupine et le cheveu bien cranté, est venu nous saluer et nous présenter sa jolie petite femme. Il devait l’aimer, sa femme, parce que tout de suite il s’est mis à faire le fanfaron avec « les artistes ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ah, quel plaisir ! On va entendre du Brassens ! J’les connais toutes. Toutes ! Ça fait quarante ans que j’l’écoute, moi, le gars Brassens …&lt;br /&gt;Sa petite femme acquiesçait et buvait des yeux son petit bonhomme de mari au ventre discrètement replet. Ils étaient vraiment charmants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dominique est alors subitement monté sur la scène, il a récupéré sa grosse bible, les œuvres complètes, il a ouvert l’ouvrage vers la fin puis, étalant le livre sous le nez du couple médusé, à la page « S’faire enculer » :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et celle-là,  vous la connaissez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La petite dame a rougi jusqu’aux deux oreilles, qu’elle avait d’ailleurs joliment duveteuses,  mais elle a ri en même temps. D’un petit rire polisson, à peine étouffé.&lt;br /&gt;Le petit ventre a froncé les sourcils, il a fait semblant de regarder la partition sans s’attacher au titre et, grand  seigneur :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Non, celle-là,   j’la connais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, l’insolence m’avait arraché des larmes de rire.&lt;br /&gt;Pas méchant pour un sou, Dominique. Un taquin.&lt;br /&gt;Je l’ai vu après, au cours de la soirée, discuter bien amicalement avec ce couple sympathique, en prenant un pot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 153);"&gt;Des gammes avant toute chose&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était dans la même auberge, l’année suivante, je crois. En tous cas, c’était le dimanche après-midi, ça j’en suis sûr. Il faisait au dehors un froid de canard et le soleil tout pâle et tout fluet dans un ciel tout bleu éclairait la campagne gelée, muette et déserte.&lt;br /&gt;Après une première partie, nous nous étions installés avec le public pour prendre un pot et le hasard avait fait que nous nous étions assis à côté d’un tout petit bonhomme, tout sec et tout nerveux.&lt;br /&gt;Il portait de grosses lunettes de myope, il avait la bouche un peu taillée en biseau, une mèche rebelle balayait son front et il était un peu voûté.&lt;br /&gt;Il ressemblait à Jean Paul Sartre dans sa période maoïste.&lt;br /&gt;Forcément, il en vint à nous interpeller. Dominique était en pleine forme mais moi, j’avais la voix qui se cassait, éraillée. Nous en étions à la huitième heure de concert en deux jours, quand même.&lt;br /&gt;Sartre nous enseigna alors qu’il fallait soigner, entretenir, travailler, échauffer, entraîner la voix. Il était lui-même chanteur dans un groupe, à La Rochelle.&lt;br /&gt;Tous les matins, dans sa salle de bain et devant la glace, il faisait des gammes, lui. Oui, Messieurs !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et il nous montra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme font les bébés quand ils remuent les lèvres très vite et qu’ils y passent leur main et qu’ils font&lt;span style="font-style: italic;"&gt; «brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr.»&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mais là, c’était un bébé chanteur.&lt;br /&gt;Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr »&lt;/span&gt; s’articulait plaisamment, se modulait habilement pour donner la gamme complète, du Do jusqu’à l’octave. Les lèvres remuaient et s’agitaient dans un tremblement frénétique.&lt;br /&gt;C’était gentiment grotesque et absolument désopilant.&lt;br /&gt;Tellement que le bonhomme n’arrêtait plus de nous montrer et répétait à l’envi ses singeries de mélomane.&lt;br /&gt;Les gens regardaient ce vieux fou  nous donner la leçon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sartre en vint finalement à demander sa récompense. Pouvait-il monter sur scène avec nous et chanter une chanson ? Il connaissait par cœur « le Mauvais sujet repenti ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la reprise, il chanta donc, d’une petite voix fluette, juste cependant : « Elle avait la taille faite au tour, les hanches pleines… » Dominique l’accompagnait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Resté en bas, j’étais malade de rire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sartre cabotinait à son aise, se dandinait sur ses petits pieds vernis et se déhanchait comme une demoiselle.&lt;br /&gt;Puis il voulut en chanter une autre, puis une autre encore. Nous dûmes finalement faire les gros yeux pour qu’il consente à reprendre sa place dans le public…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sartre, vous dis-je !&lt;br /&gt;Le bidon d’huile en moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;                                                                                                 &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La suite demain......&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 153);"&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-582056655658788305?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/582056655658788305'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/582056655658788305'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/petites-anecdotes-de-concerts.html' title='Petites anecdotes de concerts - 1 -'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rcsq3ndMJDI/AAAAAAAAADc/fl-oFKMNHT8/s72-c/Bertrand+Redonnet.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-7070096780722673497</id><published>2007-02-05T09:57:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:01:06.288Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Brassens'/><title type='text'>Brassens et Villon</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rcb_pCMmiBI/AAAAAAAAADQ/Y2pt8XFdEbE/s1600-h/villon.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rcb_pCMmiBI/AAAAAAAAADQ/Y2pt8XFdEbE/s400/villon.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5027987114435184658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"On m’a tellement fait l’élève de François Villon, qu’il a bien fallu que je finisse par en faire mon maître."&lt;/span&gt; s’amusa un jour Brassens au cours d’une interview, je ne me souviens plus laquelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait pour le bien savoir se reporter au livre de Loïc Rochard "Propos d’un homme singulier", qu’il publia d’abord à compte d’auteur, avec l’amicale complicité de Patrick Clémence,  avant de céder aux sirènes de Cherche midi (à 14 heures).&lt;br /&gt;C’était une boutade bien sûr, comme le Poète aimait à en faire.&lt;br /&gt;Brassens a en effet bu sans retenue à la fontaine Villon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par la magie d’une ligne d’accords en Do majeur, que je joue personnellement en La, il a  magnifiquement remis au grand jour, on le sait,  "la Ballade des dames du temps jadis".&lt;br /&gt;Une accolade entre  deux frères par-dessus cinq siècles d’histoire, la rencontre de deux œuvres également jugées "licencieuses ", l’une par Malherbe et les virtuoses de la Pléiade, l’autre par tous les tenants officiels de la poésie des années cinquante et soixante.&lt;br /&gt;Le gage d’un attachement profond aussi.&lt;br /&gt;Car il fallait oser faire porter par la chanson cette poésie du Moyen-âge dans une époque peu encline à versifier vers l’arrière, à peine remise des salves vindicatives de l’épuration, empêtrée dans les débats de l’existentialisme et bientôt résolument tournée vers le pragmatisme de lendemains chanteurs, matériellement  opulents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était surtout 14 ans avant que la poésie ne fasse joyeusement irruption, en s’imposant comme exigence immédiate à vivre, par un beau mois de mai qui, finalement vaincu, ne tint, lui, que partiellement ses promesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand mon prof de Français, c’était en seconde, homme de lettres et d’enseignement s’il en fut, homme rond et d’une gentillesse pleine de délicatesse, catalogué Cicéron au chapitre sobriquets des potaches, voulut nous emmener faire un tour chez François Villon, il nous y conduisit par le sentier Brassens.&lt;br /&gt;C’était un homme d’une intelligence exquise. En me prenant par cette main-là, il savait qu’il m’ouvrirait aux jardins du Moyen-âge, qui autrement me seraient restés inaccessibles et abscons,  tout du moins à 16 ans.&lt;br /&gt;Je considère personnellement le geste de Brassens d’une importance égale, relativement aux complexités spécifiques des deux époques,  à celui de Clément Marot qui rassembla et publia en 1533 sous le  titre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Le testament",&lt;/span&gt; l’oeuvre de François Villon, quoique ces deux gestes aient été accomplis dans un esprit complètement différent.&lt;br /&gt;Marot établit en effet une édition critique, sans même prendre le goût de décrypter le jargon, en s’attachant surtout à présenter Villon comme un voyou :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Peu de Villon en bon savoir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Trop de Villons en décevoir",&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ou bien en  développant narrativement « l’épitaphe Villon », venue jusques à nous sous le titre célèbre de  « Ballade des pendus », en des termes tels qu’il en fait une œuvre autobiographique alors que c’est un des très rares morceaux de Villon d’où le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« je »&lt;/span&gt; soit absent :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"L’épitaphe en forme de ballade que feit Villon pour luy &amp; pour ses compaignons s’attendant estre pendu avec eulx."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabelais, chapitre 13 du Quart Livre, mettait certainement le doigt plus près de la réalité en faisant de Villon un homme de théâtre, en ce que nous sommes rentrés, justement, dans la légende Villon par des éléments uniquement suggérés par l’œuvre et souvent abusivement perçus comme autobiographiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brassens admire d’abord le poète. Il a forcément grande sympathie pour le mauvais garçon, iconoclaste libertaire avant l’heure, certes, mais il s’attache d’abord aux vers, même s’il admet quelque part dans une autre interview que s’il n’avait dû rencontrer le succès, il eût pu lui-même tourner gangster tant  il ne savait rien faire d’autre que d’écrire des poèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après l’édition de Marot, l’œuvre de Villon a sombré dans l’oubli le plus total durant trois siècles. Nous avons tendance à l’oublier. Et trois siècles, c’est long.  Elle fut timidement et peu à peu redécouverte vers le milieu du dix-neuvième, grâce à l’édition de l’abbé Prompsault, en 1832.&lt;br /&gt;A la vitesse historique, et le temps que les poèmes arrivent jusques sur les pupitres des "escholiers",  nous touchons  à 1954, année où Brassens enregistra donc la ballade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’hommage, l’imprégnation de Villon  chez Brassens, ne se résument pas, loin s’en faut, à la ballade en Do majeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1961, (et je m’en remets désormais à l’ouvrage d’André Tillieu "d’affectueuses révérences"  publié en 2000 chez Arthémus,)  à la question :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- Vous essayiez d’être Villon sur quel plan ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L’autodidacte Brassens répondit :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;- C’est-à-dire que pendant deux ans, quand je faisais mes "humanités", je ne pensais qu’à Villon, et que par Villon, à travers Villon. Je refaisais ses vers et je les arrangeais à ma guise. J’essayais de m’imprégner de son art.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tillieu rapporte que, bien que Brassens comme tout honnête homme, répugnât à établir une hiérarchie parmi ses poètes de prédilection, force fut bien de constater pour ceux qui le fréquentaient que Villon occupait le haut du pavé.&lt;br /&gt;Le dessus du panier de Madame de Sévigné.&lt;br /&gt;Le nombre de livres consacrés au poète que recelait sa bibliothèque était, paraît-il, impressionnant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce fut en 1941, il avait tout juste vingt ans, que Brassens se procura le premier recueil de Villon. Un Villon miniature, les éditions Larousse du moment, 1937, faisant la part belle à Clément Marot et ne consacrant au poète voyou qu’une trentaine de pages.&lt;br /&gt;Les livres de Villon et sur Villon qui ont appartenu à Brassens sont bourrés d’annotations, de considérations et de commentaires. De nombreux vers sont soulignés.&lt;br /&gt;Tillieu  note très habilement que s’il est vrai, comme le disait Voltaire, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"qu’un homme qui lit sans un crayon à la main dort"&lt;/span&gt;, assurément Brassens n’a pas dormi sur Villon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est en filigrane partout présent chez lui et fut son véritable credo en manière de poésie.&lt;br /&gt;Du point de vue de l’expression poétique déjà. Villon, sans innover, est coutumier des rejets et des enjambements audacieux.&lt;br /&gt;Que dire alors de :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Les chansons de salle de garde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ont toujours été de mon goût,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et  je suis bien malheureux car de&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nos jours on n’en crée plus beaucoup."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ou de certains distiques parmi lesquels le célèbre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Mais les braves gens n’aiment pas que&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;  L’on suive une autre route qu’eux. "&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On sait aussi que Villon, quand il vient à être profond et mélancolique, douloureux, tout aussitôt dans le vers suivant ou dans la strophe, a besoin d’ironie, d’humour, comme pris d’une sorte de pudeur de s’être trop mis à nu. L’autodérision des grands. D’épanchements point trop n’en faut.&lt;br /&gt;C’est aussi tout l’art brassensien. Telle cette chute qui en surprend plus d’un de « Sale petit bonhomme »,   poème d’une délicieuse mélancolie sur les amours mortes :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Ma mie, ne prenez pas ma complainte au tragique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les raisons qui ce soir m’ont rendu nostalgique,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sont les moins nobles des raisons,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et j’aurais sans nul doute enterrer cette histoire,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si pour renouveler un peu mon répertoire,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je n’avais besoin de chansons."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne compte pas assez de cordes sur le manche de ma guitare ni même de doigts à mes mains pour vous dire le nombre de gens qui, dans les petites conversations sympathiques qui ont toujours lieu autour d’un verre après un concert, m’ont posé la question du pourquoi de cette dernière strophe aussi désenchanteresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, le succulent &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Venez pleurer avec nous sur le coup de midi "&lt;/span&gt;des « funérailles d’antan » ne serait peut être pas venu sous la plume de Brassens sans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Je  riz en pleurs et attens sans espoir"&lt;/span&gt;de "je meurs de seuf auprès de la fontaine."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait multiplier les illustrations à l’envi. L’âme du bon feu maistre Jehan Cotard, procureur et ivrogne superbe chez Villon :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"On ne lui sceu(t) pot des mains arracher :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;De bien boire ne feut(s) oncques fetard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Nobles seigneurs, ne soufrez empescher&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’âme du bon feu maistre Jehan Cotard."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;est convoquée dans les mêmes termes, à peu de choses près, par Brassens dans "la Légion d’honneur" :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"L’âme du bon feu maistre Jehan Cotard &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Se réincarnait chez ce vieux fêtard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tenter de l’empêcher de boire un pot&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;C’était ni plus ni moins risquer sa peau."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le mélange, le mariage de la belle langue et de l’argot, l’emploi de  termes recherchés juxtaposant les archaïsmes de bon aloi,  sont des vertus chères à Brassens et à Villon et ce sont les mêmes sots qui, à cinq siècles d’intervalle,  en ont fait grief  autant à l’un qu’à l’autre.&lt;br /&gt;Comme quoi la constance est bien la seule qualité dont puisse se targuer la bêtise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On me pardonnera, j’ose espérer, cet exposé qui prend parfois les allures fastidieuses d’un mémoire de maîtrise. Mais j’ai tellement eu les oreilles polluées par les postillons&lt;span style="font-style: italic;"&gt; "des abstracteurs de quintessence pour qui la chanson est un genre bâtard que sa popularité même exclut du royaume d’élection "&lt;/span&gt;, selon le mot de Tillieu, j'ai entendu tant de muscadins de la plume et (ou) du micro décrier Brassens  et encenser Villon que,  sans pour autant me lancer dans l’exhaustivité d’une thèse, entreprise bien au-dessus de mes compétences et hors de portée de ma fainéantise, j’avais besoin de prendre le raccourci pratique de l’illustration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je persiste, signe et continue pour terminer  par cet hommage  brassensien à Villon :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;"Je mourrai  pas à Montfaucon,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mais dans un lit, comme un vrai con,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je mourrai, pas même pendard,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Avec cinq siècles de retard.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Ma dernière parole soit&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quelques vers de Maître François,&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et que j’emporte entre mes dents&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Un flocon des neiges d’antan."&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;        Le moyenâgeux – 1966 –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si ce n’est là du grand art,  alors soyez assez bons de me monter enfin ce qu’il en est de l’art.&lt;br /&gt;Ou du cochon.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-7070096780722673497?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7070096780722673497'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7070096780722673497'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/brassens-et-villon.html' title='Brassens et Villon'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rcb_pCMmiBI/AAAAAAAAADQ/Y2pt8XFdEbE/s72-c/villon.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-8746611551197519492</id><published>2007-02-02T10:21:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:02:08.826Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes de Dominique'/><title type='text'>Regards</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les gens d’un autre temps sont des extra-terrestres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vains efforts des films historiques, depuis « la guerre du feu » jusqu’au « soldat Ryan » le prouvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré fortunes de décors, déluges d’effets spéciaux et montagnes de talent, les yeux des acteurs, involontaires récipients-miroirs de leur époque, perdent, dans l’anachronisme inévitable de la mise en scène, toute crédibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un homme, renié sous le masque d’animal le plus perfectionné, reste un homme par l’éclat de sa prunelle. Le regard humain, lourd de son histoire, ne souffre pas le truquage des reconstitutions.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcMRECMmiAI/AAAAAAAAADE/zNSlvD0pSD4/s1600-h/regards.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcMRECMmiAI/AAAAAAAAADE/zNSlvD0pSD4/s400/regards.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026880370082482178" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces trois garçons  nous toisent d’un regard adulte dont nos adolescents sont incapables ; et leurs costumes de faux enfants n’y sont pour rien.&lt;br /&gt;Le chauffeur, héros de l’histoire, fait un effort pour nous ressembler et cet effort le trahit lamentablement.&lt;br /&gt;Derrière la voiture, le dandy endimanché préfère détourner les yeux. Regarder l’objectif, voir(e) au-delà, est au-dessus de ses forces.&lt;br /&gt;Jean Poiret, acteur s’il en fut, parvenait bien à l’imiter. Mais Jean Poiret est mort. Partant, l’a rejoint.&lt;br /&gt;Leurs cinq répliques, derrière, nous semblent plus humaines.&lt;br /&gt;Retenues par leur maîtresse, elles attendent, patientes, à l’entrée du magasin, et elles nous parlent d’un regard entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le regard humain comptabilise les tours de roue de la planète.&lt;br /&gt;Le nôtre a quelques génocides, quelques belles inventions, quelques traits de génie de plus que ces fiers poseurs, les pieds englués dans le noir et blanc.&lt;br /&gt;Il a aussi, probablement, beaucoup moins d’amertume suffisante, de calculs ironiques, d’intelligence asservie,  que celui de nos successeurs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Dominique Le Saout&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-8746611551197519492?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8746611551197519492'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8746611551197519492'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/regards.html' title='Regards'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcMRECMmiAI/AAAAAAAAADE/zNSlvD0pSD4/s72-c/regards.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-6551480045725545794</id><published>2007-02-01T09:42:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:03:02.671Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Textes de Dominique'/><title type='text'>Deux secondes de l’autre côté</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcG3YDXqm2I/AAAAAAAAAC0/gBsFpAFLNiE/s1600-h/courson2.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 327px; height: 218px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcG3YDXqm2I/AAAAAAAAAC0/gBsFpAFLNiE/s320/courson2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026500282971495266" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’air était probablement plus piquant, plus sain qu’aujourd’hui.&lt;br /&gt;Pourtant, l’horizon se chargeait.&lt;br /&gt;Le temps s’est arrêté deux secondes.&lt;br /&gt;Arrêté, ligoté, emprisonné dans la boîte magique du très respecté photographe professionnel.&lt;br /&gt;Arrêté, emprisonné, scotché, oublié, exilé, exhumé, exhibé cent ans plus tard sous nos yeux, pour qu’ils s’interrogent.&lt;br /&gt;Et voici que ce sont eux, les captifs, qui nous interrogent :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« -Eh ! Vous, là-bas, de l’autre côté de la barrière 2000, nous voyez-vous ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Avez-vous coupé le marronnier ou est-il mort de cette entaille qui le rongeait ? »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et nous les regardons, ces habitants d’une autre planète, si proches de nous et pourtant hors de portée.&lt;br /&gt;Il semble que cent années nous séparent autant que cent années lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au premier plan à droite, ce garçon en tablier serait mon grand-père.&lt;br /&gt;Il n’a jamais vu d’appareil photographique, ni cet homme qui cache sa tête sous un rideau noir. De quel oiseau parle-t-il ?&lt;br /&gt;Trois gaillards sont sortis pour l’occasion du Café du Commerce.&lt;br /&gt;Ils parlent notre langue, les anglicismes en moins, la rocaille du patois en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur vie sera courte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans trois ans, ils partiront vers le nord, dans des wagons bondés de gars qui chanteront comme eux.&lt;br /&gt;Train d’Enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les demoiselles en chapeau comme dans la chanson de Brassens :&lt;br /&gt;« attendant que la fortune des armes sourie aux vainqueurs, préparent doucement leur cœur. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes en automne mais il ne fait pas froid.&lt;br /&gt;Trois chefs de famille discutent au milieu de la rue, car les rues sont faites pour ça.&lt;br /&gt;L’an dernier la vitesse des rares automobiles à essence a été réduite à 12 km/heure.&lt;br /&gt;Ils ont rentré leur bois. La forêt de Benon est immense, riche, mystérieuse.&lt;br /&gt;L’un d’eux affirme avoir vu un loup, mais il craint davantage le cochon solitaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Courçon-place : Deux minutes d’arrêt !&lt;br /&gt;Le seul voyageur ici est derrière la boîte.&lt;br /&gt;Il va repartir capturer le Temps, pour le vendre dans un autre monde.&lt;br /&gt;Deux secondes suffisent à son forfait.&lt;br /&gt;Les enfants vont accourir pour regarder dans la boîte où il n’y aura rien. Rien à voir pour l’instant.&lt;br /&gt;Lui, protégera ses plaques de verre, précieux trésor qui nous fascine car l’instant est venu.&lt;br /&gt;Nos trois chefs vont se retourner en marmonnant quelque sujet sérieux.&lt;br /&gt;Nos trois futurs soldats vont rentrer finir leur verre de rosé frais en parlant un peu plus fort.&lt;br /&gt;Le cheval va repartir, résigné, pour disparaître bientôt, avec tous les autres.&lt;br /&gt;La roue du Temps va broyer la terre aux pieds du photographe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui aussi va disparaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On l’attend loin d’ici, à Taugon, autre part, sur la planète.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Dominique Le Saout&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Dominique vit sa vie à Courçon d'Aunis, aux lisières de la forêt de Benon, chère à Rabelais.&lt;br /&gt;Il est musicien et il a eu le bon goût de s'offrir, sur mes opiniâtres et judicieux conseils bien sûr ( aahhhh), il y a quelques mois de cela, une Takamine...Toute belle, toute ronde et toute sensuelle.&lt;br /&gt;Il gratte avec ferveur les cordes sous ses doigts. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Brassens lui colle à la peau.C'est lui, Brassens, qui nous avait présenté l'un à l'autre, vers 2002. Présentation d'outre tombe. Présentation réussie. On a découvert qu'on avait grandi ensemble.&lt;br /&gt;Sans se voir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-6551480045725545794?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/6551480045725545794'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/6551480045725545794'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/02/deux-secondes-de-lautre-ct.html' title='Deux secondes de l’autre côté'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcG3YDXqm2I/AAAAAAAAAC0/gBsFpAFLNiE/s72-c/courson2.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-1850260907691809655</id><published>2007-01-31T13:21:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:03:47.011Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Savoir lire, fascination du livre et désespoir….</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcCfXzXqm0I/AAAAAAAAACg/O9sLDif5ATg/s1600-h/livres.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcCfXzXqm0I/AAAAAAAAACg/O9sLDif5ATg/s320/livres.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5026192415420750658" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous ne connaissez pas votre bonheur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous poussez la porte et vous entrez bien au chaud.&lt;br /&gt;Vous vous dirigez vers le rayon littérature et vous ouvrez, vous caressez, vous parcourez quelques pages, vous taquinez du chapitre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les phrases murmurent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous n’entendez plus le petit grelot de la porte qui s’ouvre et se referme sur les chalands, vous ne voyez plus la libraire, vous ne sentez plus sur vos glabres mollets l’haleine humide de la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous ne connaissez pas votre bonheur, vous dis-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je peux suivre un peu une conversation. Le sujet global. Je peux aussi faire les politesses d’usage, bonjour, au revoir, il neige, combien je vous dois, pardon, et tous ces mots de la convenance qui s’accrochent à nos lèvres pour dire aux inconnus qu’on est là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais lire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant dans ma ville d’exil aux rues frigorifiées par la neige et le vent, c’est vers les librairies que je vais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je suis à Varsovie, une seule adresse.&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Marjanna&lt;/span&gt;, dans le hall de l’Institut français.&lt;br /&gt;C’est comme à la maison…J’y reste des heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais là, plus à l’est, j’entre dans la librairie, je tape mes chaussures pour en faire tomber la neige et je vais directement au rayon des beaux livres.&lt;br /&gt;Je caresse leur belle couverture, je les ouvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai l’impression de retrouver là de vieux copains qui m’attendaient.&lt;br /&gt;Balzac et « Stracone złudzenia », Stendhal et « Czerwone i czarne », Hugo et « Nędznicy», Camus et « Dżuma », Dostoïevski et « Bracia Karamazow ».&lt;br /&gt;Mais ils sont tous devenus fous….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je scrute la belle écriture. C’est une belle police et le papier est bien blanc et bien lisse.&lt;br /&gt;Je sais qu’il y a là de belles choses. Je lis Sorel, je lis Valjean, je lis Natacha. C’est à peu près tout. Alors j’essaie de me resituer dans le récit…&lt;br /&gt;Mes yeux s’embrouillent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me retourne. Je prends un livre d’images, dépité. Un loup dans un sous-bois, un élan qui traverse la plaine ou alors l’Armée rouge  grignotant peu à peu le territoire polonais repris aux bourreaux nazis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les images ont un langage universel. Il n'y a que les yeux qui lisent. Méthode syllabique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais rentrer chez moi et  prendre ma Takamine. Je me suis permis de mettre, il y a longtemps, l’Albatros en musique. Comme Ferré, l’emphatique en moins.&lt;br /&gt;Do, Mi mineur, La Mineur, Mi mineur, Fa, Do, Sol 7 etc.&lt;br /&gt;Il n’y a pas plus simple. Tout est dans l’arpège et la mélancolie et mes ailes d'exilé n'ont rien de celles du géant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ouvrir mes livres aussi  et voir si je sais encore lire.&lt;br /&gt;Oui, je sais encore.&lt;br /&gt;La nuit tombe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je sais que demain je pousserai encore la porte de la librairie.&lt;br /&gt;Comme un manant qui cherche du chaud, comme un sans abri qui se serait  pris de complicité pour son banc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dame me sourira et me dira &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Dzien dobry »&lt;/span&gt; puis ne me regardera plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle me prend pour un grand lecteur, je crois.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-1850260907691809655?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1850260907691809655'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1850260907691809655'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/savoir-lire-fascination-du-livre-et.html' title='Savoir lire, fascination du livre et désespoir….'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RcCfXzXqm0I/AAAAAAAAACg/O9sLDif5ATg/s72-c/livres.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-1853375944800562921</id><published>2007-01-30T13:57:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:04:23.851Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sur Brassens'/><title type='text'>L’humour sarcastique de Brassens au quotidien</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://www.pierrecordier.com/"&gt;Pierre Cordier&lt;/a&gt;, ami et photographe de Brassens, encouragé par ce même Brassens &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« à suivre une route non fréquentée encore et pleine d’escarpements »&lt;/span&gt;, est inventeur du chimigramme.&lt;br /&gt;Il a  travaillé aussi sur des hommages à Michaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son bouquin &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Je me souviens de Georges »&lt;/span&gt; il confie  qu’il reste persuadé qui si Georges avait eu une alimentation un peu plus saine, plus équilibrée, la Faucheuse ne serait pas venue si tôt lui moissonner son dernier jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Georges Brassens est mort d’un cancer du colon à soixante ans, passés d’une semaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On connaît les années de vaches maigres de l’impasse Florimond, Brassens attendant pendant plus de sept ans que quelqu’un daigne venir jeter un coup d’œil sur son travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça viendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, ce sont des années où Georges ne se nourrit pratiquement que de conserves et de pâtes.&lt;br /&gt;Il grossit outrancièrement.&lt;br /&gt;Ses amis qui ne l’appellent plus que « Le Gros », s’inquiètent, enfermé qu’il est à longueur de journée à lire, lire, lire encore et à écrire, écrire, toujours écrire.&lt;br /&gt;Pierre Onteniente dira plus tard :  "J'avais peur qu'il ne tourne gangster..."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait aussi que le succès étant venu cet homme, qui n’a par ailleurs pas changé grand-chose à ses habitudes, s’est tout de même acheté une maison, une  gentilhommière à Crespières…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y va de temps en temps…Il paraît qu’il s’y ennuyait un peu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour donc Cordier et Pierre Nicolas, voulant faire plaisir à Brassens, débarquent à Crespières avec des cageots de mirabelles toute fraîches, achetées au marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont accueillis par des railleries amicales, des plaisanteries du poète qui descend précipitamment  à la cave et qui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Moi aussi, j’en ai de belles mirabelles ! Et notre homme de revenir avec des bocaux de conserve de prunes.&lt;br /&gt;Les meilleures conserves selon lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pierre Cordier a récemment lu un ouvrage sur la diététique, l’hygiène alimentaire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il veut argumenter et commence ainsi  son propos :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu sais , Georges, j’ai lu un livre qui…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Brassens l’interrompe aussitôt et,  en signe de renoncement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors, si t’as lu un livre….&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-1853375944800562921?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1853375944800562921'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/1853375944800562921'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/lhumour-sarcastique-de-brassens-au.html' title='L’humour sarcastique de Brassens au quotidien'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-5416396031074064574</id><published>2007-01-26T12:17:00.001Z</published><updated>2007-04-11T13:05:33.972Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Zima</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rb8CMzXqmxI/AAAAAAAAACA/g6hn7F1Gnz0/s1600-h/P1290031.JPG"&gt;&lt;img style="cursor: pointer;" src="http://3.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rb8CMzXqmxI/AAAAAAAAACA/g6hn7F1Gnz0/s400/P1290031.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5025738128139918098" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rbny8jXqmwI/AAAAAAAAABw/UeoZ7kFWiNU/s1600-h/Zima.JPG"&gt;&lt;img style="cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rbny8jXqmwI/AAAAAAAAABw/UeoZ7kFWiNU/s320/Zima.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5024313981409073922" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En septembre l’air était presque bleu déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les matins frissonnaient et les grands bohémiens du ciel des étés finissants, en chemin inverse du mien, s’enfuyaient à tire-d’aile, quittant la place alors que j’y venais. Les oiseaux, eux, ils connaissent la terre.&lt;br /&gt;Ils savent lire le soleil et le sens dans lequel il faut tourner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Octobre a embrasé la forêt  et novembre une à une a éteint les lumières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout petits des flocons égarés ont batifolé de-ci, de-là, timidement, comme des éclaireurs et sans jamais toucher le sol. Ils ont saupoudré les toits et ils sont repartis très vite vers le ciel.&lt;br /&gt;J’ai dit que c’était déjà l’hiver.&lt;br /&gt;On m’a souri. &lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Alors, le vent s’est levé, sec et froid. La terre s’est durcie et les flocons sont revenus, par milliers cette fois-ci, et chaque jour. Le souffle de l’est devant lui  les poussait. Ils ont tout fait de blanc, les routes, les chemins, les champs, les forêts et les lacs.&lt;br /&gt;Les rivières se sont arrêtées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Décembre s’est endormi sous cette couette duveteuse, paisiblement, bien au chaud, vers moins dix degrés, parfois moins quatorze.&lt;br /&gt;J’ai dit que c’était un grand hiver et que chez moi le journal de vingt heures sonnerait le tocsin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias océaniques sont toujours pris de logorrhées nerveuses quand il fait froid.  Surtout si c’est l’hiver.&lt;br /&gt;S’il fait chaud l’été, ils s’emballent aussi.&lt;br /&gt;Il n’y a guère qu’au printemps, quand il ne fait strictement rien du tout, qu’ils ne s’alarment pas. S’il fait doux l’hiver et frais l’été, ils se taisent aussi. Ils ont raison chez moi. Ils savent qu’en ne disant rien, on ne dit pas de conneries.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a beaucoup ri.  A moins dix, m’a-t-on dit, goguenards, c’est encore l’automne. J’ai bien ri aussi…jaune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Janvier sans crier gare a pétrifié le monde. Même les bruits ont soudain cessé de bouger. A moins vingt, je me suis demandé comment j’allais faire pour respirer.&lt;br /&gt;A moins vingt cinq, les poils de mon appendice nasal ont gelé et j’ai pensé que c’était foutu, que c’était même plus la peine d’essayer de respirer.&lt;br /&gt;A moins trente, je me suis inquiété s’il y avait un SAMU dans le coin, pas trop loin.&lt;br /&gt;A moins trente deux, je me suis dit merde, j’ai oublié d'acheter du pain, je me suis allongé les yeux au plafond  et je me suis demandé si j’avais bien fait d’être agnostique toute ma vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s’est esclaffés. D’accord, il faisait froid, mais enfin, c’était l’hiver…Je me suis esclaffé aussi, enfin, un peu…Un tout petit peu…Je ne suis pas même certain que l’on m’ait entendu...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La température est remontée maintenant de 24 degrés. J’ai presque chaud. J’ai ressorti mes tee-shirts et j’ai envie d’une violette posée sur la barbe verte d’un talus. Bon, me direz-vous, tu es sauvé, mais il fait quand même moins huit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et alors,  c’est le printemps, non ?&lt;br /&gt;Elle n‘est pas belle, la terre ? Les hommes ont tort qui prétendent la connaître, la terre. Vraiment.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-5416396031074064574?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5416396031074064574'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5416396031074064574'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/zima_26.html' title='Zima'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rb8CMzXqmxI/AAAAAAAAACA/g6hn7F1Gnz0/s72-c/P1290031.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-7127668234188727158</id><published>2007-01-25T12:47:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:06:15.653Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Le Corbeau dort</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Un extrait de  ''Le silence des chrysanthèmes"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);"&gt;L'arrivée de la chimie en agriculture&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Victimes d’occultes intérêts en amont, les laboureurs de ce monde charnière entre deux mondes commençaient tout de même d’épouser de curieuses pratiques  pour protéger les semailles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers balbutiements de la chimie au verger prirent des allures de catastrophe. Pour elle, le passage était sans doute obligé. Elle faisait son apprentissage.&lt;br /&gt;Tirant rapidement la leçon de ses erreurs de jeunesse, ladite chimie a par la suite appris à envahir le jardin en mieux se dissimulant, côté cour. Trop  gourmande de son succès cependant, pas assez discrète à la fin, elle finit quand même par faire des rivières des tapis d’herbes bizarres et des abeilles des folles égarées, des orphelines sans ruche et s’entretuant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était au printemps, tout  le long du chemin d’école, quand la plante pointe le bout délicat de sa jeune vie à la surface du labour. Des nuées de corvidés de toutes sortes s’abattaient sur ce plateau servi comme à leur unique  attention. Le paysan parcourait ses champs en frappant dans ses mains, en tirant des coups de fusil et en hurlant mille injures aux cinq cent diables. Il n’y fournissait pas et les pies, les freux, les geais et les corbeaux emportaient dans leur bec ses espoirs de pain blanc. Ses épouvantails aussi amusaient plus la gent ailée qu’elle ne l’effrayait, qui poussait l’insolence jusqu’à venir se reposer de sa ripaille sur les vieux chapeaux et les bras en guenilles.&lt;br /&gt;Cela ne pouvait décemment pas durer. Une guerre sans merci s’engagea et les intellectuels de l’efficacité tendirent leurs bras secourables, tout chargés d’un poison au nom délicat, le corbeau dort, sans doute pour endormir les consciences et les peurs, plutôt que le corbeau lui-même.&lt;br /&gt;Les produits qui se proposent de faire fortune en tuant l’innocence, s’affublent toujours d’un petit baptême en subtil euphémisme. Y eût-il eu inscrit sur les emballages de cet affreux toxique, le corbeau mort, ou l’oiseau mort, que le paysan n’y aurait pas adhéré, j’en suis certain. Pour les rats, oui, on peut annoncer la couleur. La mort des rats n’effraie pas, elle rassure.&lt;br /&gt;L’inverse est vrai aussi. Il n’y a pas si longtemps, sur les étalages dégoûtants d’opulence d’un grand magasin, j’ai vu, conditionnés dans des pots, de succulents petits champignons qui poussent en novembre sur les talus moussus, à la faveur d’un clair rayon de sous-bois. On les appelle les trompettes de la mort, ou des morts, selon les régions, parce que leur forme subtile rappelle effectivement celle d’une trompette et qu’ils apparaissent, tout veloutés de noir,  à la Toussaint.&lt;br /&gt;Les cérébraux de la promotion marchande ne sont pas des abstraits, aussi savent-ils qu’avec un nom comme cela, un nom inquiétant de fureteurs de forêts, on fait fuir le chaland. Qu’à cela ne tienne. Inspirés par Skakespeare et les faits les contredisant, ils modifièrent les faits et rebaptisèrent plaisamment le champignon de nos forêts « trompettes des Maures ».  Une belle tête enrubannée, une tête du désert,  souriait de toutes ses dents sur l’étiquette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le temps qu’il y a des hommes et qui disent que le ridicule ne tue pas, ceux-là au moins, s’ils n’en sont pas morts, sont venus pour vérifier pleinement la précision de ce bel aphorisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mêmes habiles dissimulateurs proposèrent donc au paysan d’endormir les corbeaux. Qui dort dîne, c’est bien connu, et pendant qu’ils dormiraient, ces becs-là,  ils n’engloutiraient pas les couvrailles naissantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, sur les champs que le soleil déclinant arrosait en oblique, des oiseaux par centaines, l’aile écartée, le ventre en l’air, le bec ouvert et poissé d’une sécrétion répugnante et verdâtre, contemplèrent un beau soir la procession des nuages de leurs yeux crevés. D’autres, arrivés plus tard sur les lieux de l’horrible traquenard ou moins intempérants, claudiquaient encore, tentaient de fuir l’incompréhensible enfer et se heurtaient aux branches des haies d’érables  alentour, s’y écroulaient, le souffle court, la poitrine haletante, le regard halluciné.&lt;br /&gt;Nous jetions nos sacs au fossé et courions sur les champs de cette bataille inégale et déloyale  entre le pain et l’oiseau. Brancardiers, nous recueillions les blessés. La tuerie avait frappé sans discernement et il y avait là des mésanges, des rouges gorges, des chardonnerets, des merles, des alouettes et des pluviers argentés. Oraison humide et silencieuse, le vent ébouriffait les plumes de ces soldats sans arme, tombés au champ du semeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En dépit de l’ampleur du drame, notre empressement secourable était tout de plaisirs et de joie. J’ai toujours nourri pour les oiseaux cette attirance sublimée, faite de grâce et de beauté. Justement parce que cette grâce et cette beauté, toujours entr’aperçues, sont tant fugitives, leur liberté est tellement inaccessible et insolente, que j’ai toujours cherché à les capturer, pour les voir de plus près encore, comme si je voulais apprivoiser l’insaisissable. S’il venait à voltiger dans l’air de mes hivers deux ou trois flocons égarés ou s’il venait à geler, je n’avais de cesse que de courir les vergers et les haies, à la recherche d’un pommier de plein vent sous lequel tendre un piège aux grives et aux merles. Atavisme du chasseur trappeur ou cruauté à vouloir tuer ce que l’on aime, les velléités de froid allaient dans mes espoirs de pair avec la prise au piège des oiseaux erratiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enjambant les cadavres, nous moissonnions autant de petites créatures encore frémissantes que nos bras pouvaient en contenir et les portions jusques chez nous. Tout ce que nous pouvions trouver de disponible en cages, en caisses de bois et de carton était réquisitionné comme infirmeries de campagne.&lt;br /&gt;Mais certains oiseaux  ne tenaient plus sur leurs pattes et leurs yeux se révulsaient. Ils tordaient leur cou et la tête penchée vers le haut tentaient d’un seul œil vacillant, déjà vitreux, une dernière fois, de voir leur jardin, leur patrie, le ciel. Ils mouraient là, ahuris de souffrance. D’autres, plus assurés quoique titubants, semblaient cependant vouloir encore s’accrocher à la vie. Nous emplissions alors de grands verres de lait et les forcions à boire en leur écartant le bec sans ménagement. Administré à trop haute dose, le remède hélas se faisait souvent aussi pire que le mal et étouffait les plus faibles. Les quelques-uns qui parvenaient à vomir les graines ignobles retrouvaient peu à peu leur esprit d’oiseau et venaient se cogner contre le grillage, avides d’air pur. Nous tenions ceux-là pour sauvés du désastre. La nuit cependant tombait et le ciel était noir. Nous leur promettions alors de les relâcher, sous les premiers rayons du jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au petit matin, nous courions voir nos pensionnaires. Il n’y avait plus là que de pitoyables cadavres. Nous baissions la tête, nous caressions un moment les corps durs et froids. Des larmes de je ne sais quoi, d’effroi devant la mort peut-être, venaient à ruisseler sur un jabot mordoré de rose ou de jaune. Nous enterrions les victimes dans le jardin, soigneusement alignés, ventres et becs vers les cieux, et leur fermions les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce après quoi seulement, j’insultai sans retenue les assassins et levai mon poing au ciel.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-7127668234188727158?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7127668234188727158'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/7127668234188727158'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/le-corbeau-dort.html' title='Le Corbeau dort'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-5924924457881408002</id><published>2007-01-24T10:52:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:06:52.069Z</updated><title type='text'>Qui sait ?</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rbc6uTXqmvI/AAAAAAAAABk/yb0UObg2REY/s1600-h/thermometre.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rbc6uTXqmvI/AAAAAAAAABk/yb0UObg2REY/s320/thermometre.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5023548476503005938" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il venait de loin, le vent, et la glace des trottoirs était nue. Toute bleue aussi.&lt;br /&gt;Je l’entendais briser son errance aux murs des immeubles et miauler au coin des rues, miauler si long que les lumières aux réverbères en flageolaient, effrayées.&lt;br /&gt;Celles accrochées aux fenêtres orange, en face de moi, muettes, semblaient paralysées.&lt;br /&gt;Il n’était pas si tard.&lt;br /&gt;A l’est en décembre, c’est dans l’après midi que le jour démissionne. Après l’heure n’existe plus. Il fait noir.&lt;br /&gt;C’est tout.&lt;br /&gt;Et les mercures aux fenêtres suspendus descendent, descendent comme des vertiges.&lt;br /&gt;J’observais, absorbé, la nuit frigorifiée.&lt;br /&gt;Ça n’était pas la solitude, celle qui donne le tourment d’être un autre, quand le monde est flétri sous nos yeux insipides.&lt;br /&gt;Non. Quoique loin, très loin de ma racine, je me sentais malgré tout près de moi. J’interrogeais ce vent hurlant qui n’irait jamais jusques là-bas.&lt;br /&gt;Trop lointain.&lt;br /&gt;Il n’y avait pas  de souffle comme ça, chez moi.&lt;br /&gt;Sur quelle plaine alors, dans quelle forêt, aux flancs de quelle montagne, aux murs de quelle ville somnolente allait-il abandonner enfin sa course et réchauffer son haleine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais de l’autre bout de la rue le taxi est venu, ses yeux jaunes aveuglés par la farandole neigeuse.&lt;br /&gt;Un homme est descendu.&lt;br /&gt;Il  a chancelé puis il est tombé, sa tête heurtant brutalement la glace luisante comme le fil  du rasoir.&lt;br /&gt;Un choc douloureux.&lt;br /&gt;Une femme et la fillette se sont penchées sur l’épave évanouie, la  secouant, la suppliant.&lt;br /&gt;Elles gémissaient dans le noir. L’homme était lourd et leurs efforts vains.&lt;br /&gt;Une porte a claqué. La poigne pressée du chauffeur a relevé le pochard.&lt;br /&gt;Qui s’est accroché à la femme comme la chaloupe à sa bouée, qui s’est amarré aux épaules, ses genoux qui pliaient comme ceux des vieux chevaux.&lt;br /&gt;La fillette a pris la main de l’homme vacillant, bouffon, murmurante, implorante.&lt;br /&gt;Lui, le taxi, s’est éclipsé au bout des rues, vers d’autres urgences de la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors tous les trois ont marché , l’un grognant, les deux autres geignant et le vent à leurs trousses qui miaulait,  miaulait  si fort qu’on eût dit qu’il voulait les tuer plus encore.&lt;br /&gt;Maintes fois la loque a failli sous son poids entraîner les deux êtres enlacés par la peur.&lt;br /&gt;Sous le reflet grelottant d’un lampion, j’ai vu le filet à sa tempe qui coulait de la misérable blessure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurais pu être cet homme. Avant. La glace, la neige et ce vent-là en moins.&lt;br /&gt;Un jour, elle aurait vingt ans, la fillette, et n’aimerait ni le vent, ni l’hiver, ni la neige, ni les taxis, ni le bleu de la glace moirant les trottoirs.&lt;br /&gt;Sans savoir  pourquoi, peut-être. Elle le dirait en riant, qui sait, dans un jardin fleuri ruisselant de verdure, aspergé de soleil, un verre négligemment tenu  à la main,  entourée d’amis piaillards à la barbe niaisement naissante qui la trouveraient intéressante.&lt;br /&gt;Naïf,  les yeux sur la nuit, je ne cessais de demander quel mal rongeait cet homme.&lt;br /&gt;Qui rongerait les autres, un jour…&lt;br /&gt;Qui le retenaient pourtant de s’effondrer et qui firent qu’il ne gela pas là,  dans le ruisseau transi, un soir où le vent hurlait sous mon balcon rêveur.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-5924924457881408002?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5924924457881408002'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/5924924457881408002'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/qui-sait.html' title='Qui sait ?'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Rbc6uTXqmvI/AAAAAAAAABk/yb0UObg2REY/s72-c/thermometre.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-8572994481027324323</id><published>2007-01-23T09:32:00.000Z</published><updated>2007-04-11T13:07:21.853Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Cogitations intempestives - 2</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;(Suite)&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Non. En vérité, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;le monde n’a pas changé parce que son propre justement c’est de changer tout le temps. Le monde changerait s’il s’immobilisait tout à coup &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;et c’est nous décalés qui réclamons plus d’inertie et la question qui obsède en cet instant le clavier sur lequel je m’acharne est de savoir si j’ai envie, si je sais, ou si je suis capable de l’accompagner plutôt que de rester à rêvasser à mon obsolète convenance, car quand même par-delà le plaisir d’une écriture il y a aussi ce qu’on veut de son devenir. Est-ce que la façon dont on écrit est subordonnée aux virtualités changeantes d’un monde que l’on comprend et avec lequel on fait corps ou est-ce que cette façon de dire les choses est une manière de survivre en dépit des manières lunatiques de ce monde ? La liberté totale s’impose là comme partout du moment que celle des autres n’en est point altérée : que chacun chante comme il le veut et que chacun écoute ce qu’il lui plaira d’écouter. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;STOP ! Ça c’est bougrement pas vrai parce que l’écriture est une marchandise, délicieuse j’en conviens, mais une marchandise et vous me pardonnerez ces notions marxistes lycéennes éculées, une marchandise où la valeur d’échange a supplanté depuis belle lurette la valeur d’usage avec la bénédiction onctueuse de quatre vingt dix neuf pour cent des éditeurs, des distributeurs, des libraires et &lt;i&gt;in fine &lt;/i&gt;des écrivains et en dépit de quelques-uns parmi les meilleurs qui ont organisé la résistance et ont pris le maquis en se servant intelligemment des outils de ce qu’il convient d’appeler l’adversaire médiatique. Je leur laisse le soin de se reconnaître. La plupart des écrits ne sont pas des écrits du cœur mais bien du cul, je veux dire des trucs bien mis en évidence pour que le monde marchand puisse y rentrer à son aise et y faire son marché, une écriture prostituée à une demande vaguement sociale puisque fabriquée, mais même la prostitution peut s’exercer avec talent et ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Je &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ne digresse point car seulement la moitié de ma susdite revendication selon laquelle tu écris comme tu veux et je lirai comme j’ai envie est juste puisque côté lecteurs, il y en a encore beaucoup, mais peut-être n’ai-je connu aimé et fréquenté que des ringards, qui ne peuvent pas rentrer dans les nouvelles modalités de l’écriture du monde. Le côté lecteur est donc bien obligé de lire ce qui est publié de littérature s’il ne veut pas sombrer dans l’archaïsme comme moi ou pire encore, si, si, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;mais je crois qu’il est armé pour cela, dans les romans à quatre sous, de la cervelle de grimauds et grimaudes servie comme du foie gras. A ce propos, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;j’avais beaucoup aimé la réponse que fit François Bon à un de ses visiteurs du Tiers Livre qui contestait à Tumulte sa qualité de roman, mais que si bien sûr avait dit l’écrivain parce que justement il ne fallait pas se laisser déposséder du concept roman en le laissant à l’exclusivité des faiseurs de trois cent cinquante pages d’une vague histoire de cul où s’agitent deux ou trois personnages. J’ai cité de mémoire bien sûr, juste pour illustrer d’un trait la réalité des rayons de librairies. Ils sont tellement mazoutés par une marée de parutions intellectuellement&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;obscènes mais&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;aux quatrièmes de couvertures alléchantes et au bourrage de crâne tellement assommant qu’il faut, si on aime lire encore et qu’on n'est pas bien renseignés, soit qu’on n'ait pas le temps ou soit que, bien que grand lecteur, on ne suive pas les circonvolutions du petit monde littéraire et de ses enjeux, qu’il faut, disais-je, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;être vigilant sur ce qui est proposé…Ou alors et c’est ce qui se passe le plus souvent on en revient aux valeurs sûres, aux vieux trains qui ont vu du pays et qui ne décevront pas. C’est&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;que le jeu est inégal et j’affirme tout de même qu’écrire abscons à tout prix parce que le monde serait abscons et bien c’est pas gentil pour une foule de lecteurs parce que ce qu’ils aiment lire, archaïque certes mais de qualité, ne verra plus le jour que dans des manuscrits passés sous le manteau, des blogs littérature érigés en vitrines du désespoir, chacun froidement cloisonné dans le sien comme dans sa tombe.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Après tout, pourquoi pas ? J’ai commencé d’opter en ce sens c’est-à-dire que délaissant la belle ergonomie du livre qui n’a pas voulu de moué, je donne déjà victoire aux ogres libéraux et glisse dans l’erreur de jugement &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;pratique du produit de remplacement. Je médite et je m’édite.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;J’ai tort mais on a souvent tort par manque de moyens.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Il va sans dire, mais je le dis quand même, que mon propos élimine d’emblée la pédanterie de ceux qui croient qu’ils aiment tels ou tels livres parce qu’ils sont &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;sortis d’un milieu qui a la réputation de faire de belles œuvres &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;hors champ d’application de la pollution exclusivement marchande ou qui disent détester, parfois dans les deux cas sans avoir lu, tels autres parce qu’ils sont des narrations &lt;i&gt;stricto sensu&lt;/i&gt; ou qu’ils ont été publiés par des éditeurs à la réputation douteuse. Le bon goût est plus exigeant et plus compliqué et ça ne marche pas comme le tri sélectif des déchets du développement durable et il arrive que la littérature au sens noble produise de véritables merdes et qu’un diamant s’égare par inadvertance ou ignorance dans une poubelle. C’est rare mais ça peut arriver.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;A propos d‘archaïsme je m’arrête une seconde sur Brassens qui reste un de mes poètes de prédilection boudé par une bonne partie des muscadins de la poésie parce qu’il était un chanteur alors que justement l’astuce était de faire passer la poésie sur le mode populaire afin que le plus grand nombre y ait accès. Un internet avec des&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;moustaches et une guitare. C’est un poncif mais sans Brassens Villon serait resté inconnu de beaucoup plus de gens qu’il ne l’est en vérité même si un seul poème ne suffit pas à qualifier une rencontre avec une œuvre, j’en conviens. A un journaliste qui lui disait donc qu’on le taxait en coulisses de passéiste il répondit d’abord en forme de syllepse qu’il n’aimait pas le mot avant de préciser : avec ce hiatus au milieu. A un autre qui formulait à peu près la même critique un peu plus littéraire puisqu’il s’agissait cette fois d’archaïsme il dit que oui bien sûr mais que&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;ceux qui lui reprochaient d’employer un vocabulaire suranné étaient ces mêmes qui fouillaient les brocantes à la recherche de vieilles lampes, alors tout est absolument relatif, n’est-ce-pas et écrivons comme nous le voulons chaque lecteur y reconnaîtra&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;bien le sien, moderne, archaïque, poétique, vulgaire ou politique, un jour ou l’autre.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Mais&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Confronté à cette incapacité à comprendre totalement les nouvelles formes autant qu’à les écrire, nouvelles formes qui pourtant j’en suis certain sauveront un moment l’écriture et la littérature du naufrage de leur époque, mais seulement de leur époque qui n’est point éternelle et dont les choix &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ne sauraient être universels , parce qu’elles sont en harmonie avec des hommes virtualisés et de plus en plus complexes et surtout parce qu’elles détournent intelligemment vers l’intérieur poétique les abstractions&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;matérielles de l’empire exclusivement marchand, il ne faut pas le perdre de vue un seul instant même si de faux puristes écervelés revenus de tout sans avoir jamais mis les pieds nulle part trouvent que ça fait ceci ou que ça fait cela.&lt;span style=""&gt;   &lt;/span&gt;Je fais donc mienne l’observation publiée chez Corti selon laquelle l’écrivain sachant qu’il n’a plus aucun enjeu médiatique à attendre de son travail peut enfin se consacrer à l’absolu intime de son écriture. J’en suis et je remercie Georges Picard de l’avoir énoncé avec force. Sans enjeu la littérature redevient un art à part entière, une activité plus humaine et plus haute que toute autre puisque débarrassée des préoccupations de la reconnaissance immédiate et éphémère du plus grand nombre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Elle est là, la résistance des écrivains, écrire en dépit des créneaux des éditeurs à l’affût des coups juteux, des faux libraires en carton bouilli et des monopoles de la distribution cybernétisée à outrance. Ecrire pour entrer en guerre contre ceux qui tirent les ficelles et les cordons des bourses, &lt;i&gt;même dans notre propre camp où ils sont nombreux et avancent masqués.&lt;/i&gt; Le pouvoir doit changer de mains, de l’absolu du marketing glisser à la relativité de la plume, et je suis &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;certain que les écrivains,&lt;span style="font-style: italic;"&gt; ceux dont la seule ambition est de jouir de l’écriture&lt;/span&gt;,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;sortiront vainqueurs de la confrontation même si beaucoup, dont je suis, y mourront en&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;soldats inconnus, sans même avoir vu le point du jour. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Mais l’enjeu est de gigantesque taille. Nous verrons bien car, reprenant ce que je disais au tout début de ces intempestives cogitations, le monde est un concept métaphysique, un fourre-tout du non-savoir et du flou, un prétexte bâtard et exempt de toute intelligence.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Le monde n’est rien sans les hommes et les hommes, jusqu’à preuve d’un contraire fort hypothétique, c’est nous. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Point de suspension&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RbXWozXqmuI/AAAAAAAAABY/YHHrBLidU-c/s1600-h/P3220034.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 480px; height: 360px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RbXWozXqmuI/AAAAAAAAABY/YHHrBLidU-c/s400/P3220034.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5023156955874237154" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-8572994481027324323?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8572994481027324323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8572994481027324323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/non.html' title='Cogitations intempestives - 2'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RbXWozXqmuI/AAAAAAAAABY/YHHrBLidU-c/s72-c/P3220034.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-3683303856501720621</id><published>2007-01-22T09:39:00.001Z</published><updated>2007-04-11T13:08:23.202Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Cogitations intempestives - 1</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;... d’un gars qui comprend pas tout mais qui fait des efforts pour&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;      &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; line-height: 150%;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Ils ont dit que le monde avait changé mais ça n’a pas beaucoup de sens parce que quand on dit que le monde a changé c’est qu’on dit qu’il faut faire autre chose très vite pour vivre sinon &lt;i&gt;« dans »&lt;/i&gt; du moins  &lt;i&gt;« avec »&lt;/i&gt; ce monde et qu’on est déjà foutrement en&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;retard, qu’on est en train de courir après un train qu’on avait pas vu passer ou qui était pas à l’heure, ou alors à celle d’hiver alors qu’on était en avril, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ou bien qui allait trop vite, ce train.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Je veux dire que la manière de penser le monde était sclérosée tandis que le monde, concept effrayant tant c’est métaphysique, il mouvait, lui. Toujours au profit des mêmes, mais il bougeait. On peut aller loin comme ça, c’est-à-dire à peu près nulle part. En tous cas pas où on avait prévu d’aller mais où le monde veut aller, dans ses propres intérêts &lt;i&gt;étrangement&lt;/i&gt; autonomes. On l’accompagne en quelque sorte comme un cavalier qui maîtriserait pas son cheval. Si je veux dire un monde que je ne vois pas bouger, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;quoi écrire qui puisse être compris et lu avec plaisir par ceux qui ont couru avant moi, qui ont déjà sauté dans le wagon alors que je m’essouffle, moi encore, à courir sur le ballast et en agitant les bras pour signifier qu’ils ont oublié un voyageur qui voulait bien faire le tour du problème avec eux ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Ça m’étonne toujours, moi, que le monde change de rue sans prévenir les hommes. Je me dis depuis que je suis tout petit que les hommes doivent bien y être pour quelque chose tout de même, comme quand j’étais môme et que mon voisin se lamentait qu’on allait saigner son cheval à l’abattoir parce que maintenant c’étaient des tracteurs qu’il fallait pour semer du pain et si on voulait rester un paysan comme l’avaient été son père et son grand-père et tous les autres avant lui. Comme aussi les mineurs de Longwy, un beau matin on leur a dit de circuler, qu’il n’y avait plus de place dans le monde qui avait changé pour leurs pioches et leurs sales gueules noires et hop, à la rue, vidés, bons à rien, vos maisons vos femmes et vos enfants démerdez-vous, nous on s’en fout on s’en va dans le monde. Les Lantier et autres Maheu se sont bien extirpés de leur trou, ont tapé du poing et lancé des pierres contre les changeurs du monde, mais rien n’y a fait. Un monde qui change c’est comme un rouleau compresseur et c’est toujours plus fort que les gens qu’il tue.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;C’est cruel un monde qui va son p’tit bonhomme de chemin&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;sans demander leur avis aux hommes. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Ou alors c’est qu’on est déjà morts et on n’a rien vu venir. Ça serait normal pour des morts de rien voir qui bouge, mais nous qui mangeons des bonnes recettes de viande en sauce ou des poissons frits extirpés de la mer océane, nous qui pensons des trucs, buvons du vin, nous promenons dans les sous-bois et les chemins que les ornières de décembre ravinent, jouons au ballon avec les enfants, on n’est pas morts, tout de même. Ou alors on naît morts. C’est pas compliqué : quand on voit pas tout c’est qu’on est sot comme un âne ou mort. On est rien de tout ça à ce que nous croyons. Alors il faut comprendre que nous comprenons le monde d’abord avec les satisfactions du ventre et que le tête suit, mais après, en décalage, un peu comme ces étoiles d’été, couchés qu’on est après dîner sur l’herbe où naviguent des aoûtats et qu’on contemple là haut des lumières qui sont mortes depuis trois mille ans ! Faut surtout pas essayer de remonter la lumière. On est pas équipés pour et ça donnerait des vertiges tels que nos cerveaux en sombreraient assurément dans la folie. Et puis qu’elle soit morte ou vivante cette lumière elle n’en garde pas moins son bel éclat mystérieux. Ne nous agaçons plus de réalité !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Tiens, je saute de l’âne au coq parce que soudain ça me fait penser à une page d’un livre, Dionysos 7.65, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;oh ! pas un grand&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;livre, mais un policier d’Helena, compagnon de Léon Malet à ses débuts. Il s’agit d’un écrivain : « &lt;i&gt;Em savait qu’il s’agissait d’un esthète aux ouvrages alambiqués qui provoquaient l’admiration de gens faisant profession de comprendre ce qui, de propos délibéré, ne signifiait rien. »&lt;/i&gt; C’est pas un grand livre mais la réflexion est bien aiguisée.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;J’ai lu quelques pages de ceux qui galopent jusqu’à la source des rayons lumineux, ceux qui ont vu aussi qu’un nouveau train était né et qui allait vite et qu’il fallait se dépêcher de grimper dedans si on voulait continuer à faire des pages qui tiennent la route. J’étais en train de rêvasser comme un couillon avec Maupassant et &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Stendhal et les autres que vous connaissez aussi bien que moi, mieux sans doute. Enfin, autrement. Pas jusqu’à Genevoix, mais quand même un peu de Giono. Je voulais chanter comme eux, pas aussi bien évidemment, mais chanter avec leurs partitions. Des vieux trains à vapeur tout ça, tout propres, trop brillants pour circuler dans un monde poussiéreux, des trains avec des phrases et des virgules partout, qui coupent la conversation et des paragraphes aussi pour bien dessiner la pensée descriptive. Des points itou pour reprendre son souffle et le temps de digérer l’immédiat posé en amont. Parfois, vicieux, malin comme une belette, un passé conditionnel deuxième forme, pas facilement dissociable d’avec l’imparfait du subjonctif, c’est vrai, mais qu’importe, on s’en fout du coup de pinceau pourvu que la toile soit belle. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Ces vieux trains-là, c’était la préhistoire du déplacement. Ils ont eu leur glorieuse utilité et ont transporté des hommes bien loin, en les faisant rêver, cheveux aux vents par la fenêtre qu’on pouvait encore ouvrir à condition de ne pas se pencher au-dehors au risque de perdre la tête et  ils étaient si paisibles ces trains que les vaches s’arrêtaient de brouter pour les regarder passer. Mais i sont foutus. Toujours aussi beaux mais sur des voies de garage où batifole le chardon entre les rails et ils ont encore, c’est bien, beaucoup de visiteurs pour venir caresser leur vieille échine. On se promène là-dedans et on discute avec Sorel ou Rastignac, des fois dans un wagon un peu plus moderne avec Bardamu. Toujours quelque chose à raconter, des&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;amours, des crimes, des avarices, des parties de chasse ou de jambes en l’air, plutôt suggérées celles-ci, des complots, des belles femmes, des arrivistes, mais surtout en prenant son temps de dire, en digressant à l’envi, en musardant sur la syntaxe et le verbe,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;où et comment ça s’est passé, la saison, la couleur des nuages, l’histoire des aïeux de celui qui a trahi ou qui a été trahi, voire qui est mort. C’est ça qui les a essoufflés, ces gars là, et c’est là que le foutu&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;monde a changé sans le dire, &lt;i&gt;en catimini&lt;/i&gt;. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Le monde a filé à l’anglaise, à la française disent les Anglais, mais ne chipotons pas sur les gamineries vexatoires, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;le monde a glissé entre nos gros doigts.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Plus d’histoire à dormir debout. Avec des oiseaux qui pépient là, dans les lauriers en fleurs. Qu’est-ce qu’on s’en fout des oiseaux et des lauriers à l’heure qu’il est ! Est-ce que ça ajoute quelque chose à l’histoire dont on est déjà rassasié ? Plus d’histoire ! Ou alors racontée vite fait, brossée à l’essentiel avec des mots rapides et bien aiguisés comme des lames qui peuvent couper des deux côtés. Quand on veut plaire à tout le monde il faut séduire personne. Avec des fautes si possible, parce que l’orthographe ça entrave le libre cours de la pensée poétique, je suis complètement d’accord, les mots sont parfois des murs infranchissables tant ils sont lourds de lettres inutiles, muettes, mais il faut qu’on voit quand même que c’est des fautes faites exprès, des fautes éloquentes, des fautes qui militent, autrement ça n’a plus le sens de l’épuration esthétique. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Un minimum de ponctuation pour pas saturer la ligne et des sauts de paragraphes intempestifs. Ça,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;ça fait voir que le gars ou la dame, sa pensée est tumultueuse, qu’elle bouille, que son approche du monde est viscérale et pas convenue du tout, instinctivement hachée, pas totalement acquise encore et qu’il ou qu’elle pétrit ce&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;monde qui, excusez-moi du peu est un peu le mien aussi,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et qu’on va bien voir qui va gagner la bataille, du train ou du voyageur. Le verbe à l’infinitif, pathétiquement seul&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;entre deux points, ça c’est une trouvaille, le point d’orgue d’une pensée trop riche pour ne pas être mystérieuse. Là, la lecture s’affole, tâche de saisir au vol une émotion sublime qui lui échapperait. Le fond de l’art est frais.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Ça me donne des frissons parce que je suis un gars qui suit pas bien le fil et que j’arrive pas toujours à saisir la douleur, la peine, l’espoir, l’angoisse ou la jubilation de celui ou de celle qui essaie de me parler comme ça. Je critique pas, je n’en ai ni l’envie ni le goût ni la compétence. Je dis comme il faut penser vite et bien dans ce désordre impeccablement construit et que j’ai du mal. C’est pas de la critique.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Un gars qui se noie il appelle au secours il remet pas forcément  l’existence de l’eau &lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;en cause&lt;/span&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;J’aime pas le cinéma. J’aime pas jouir ou pleurer par procuration, encore moins sur un fond musical incitatif qui n’existe pas dans mes situations directement vécues, avec une émotion qui a un visage et qu’il faudrait que je m’approprie tout ça sur mon siège. C’est vieux ce que je raconte là mais c’est comme ça qu’ont commencé à mourir les vrais raconteurs. J’ai connu un tas de gars qui n’ont jamais voulu lire Octave Mirbeau parce qu’ils avaient vu le journal d’une femme de chambre et d’autres qui n’ont jamais ouvert Darien pour avoir regardé Louis Malle. Les raconteurs ont essayé de suivre un moment le train en causant comme des images mais ils n’y sont pas arrivés parce que des images il y en&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;a beaucoup et elles défilent trop vite. Une plume ou des doigts sur un clavier ça peut pas créer l’illusion fugace d’une image ou alors il faut être sacrément véloce et qu’un seul mot puisse en signifier en même temps trois cent au moins. Ben alors, qu’est ce que ça te fout de pas tout saisir dans un texte ? Mets y ce que tu veux. Ben oui, mais j’ai pas besoin de lire pour ça. Ou plutôt, l’autre a pas besoin de m’écrire…Pourquoi me décrire une vision du monde aussi sensible et intelligente soit-elle si j’ai la mienne et que je ne décrypte pas la sienne ? Un train c’est fait pour que des voyageurs montent à l’intérieur et c’est un peu comme en &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;musique un accord inlassablement répété ça peut être une source d’émotion déchirante ou joyeuse pour celui qui joue parce qu’en même temps il y a des images et des&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;souvenirs ou des espérances qui défilent dans sa tête et visibles que de lui-même. Mais celui qui écoute ?&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Si j’veux construire un monde illusoirement à moi tout seul, j’vais à la pêche dans le Bug, c’est une&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;rivière qui sépare la Pologne de la Biélorussie, et je mets ce que je veux dans ces remous frontaliers aux couleurs qui changent tout le temps et où s’agitent des gros poissons blancs que capturent les moines orthodoxes. Ceci dit en passant, ils m’ont invité une fois à en goûter, les moines, de leurs poissons, parce que j’étais là à rêver le cul par terre et que je me disais qu’il suffisait d’un remous de rivière pour séparer des mondes et déclarer des guerres. Un régal, n’eût été leurs marmonnements métaphysiques à l’heure du déjeuner que j’eusse, oui, j’eusse, j’use du j’eusse à ma guise parce qu’il s’impose à moi comme un outil qui est là à sa place pour dire ce que je dis, j’eusse donc collationné avec un plaisir décuplé. Voilà une phrase qui est inquiétante parce que&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;ça manque de coupures et de virgules et on dirait bien, plus haut là-bas, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;que ce sont les poissons qui ont marmonné des métaphysiques. En fait les incorrections de la syntaxe, de la construction et le déficit de ponctuation, c’est des anacoluthes, comme Baudelaire avec son albatros exilé sur le sol au milieu des huées ses ailes de géant l’empêchent de marcher, cité par tous les théoriciens coupeurs de cheveux en quatre de la métalangue.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;C’est ça que j’essaie de dire. J’ai essayé de voyager dans des pays littéraires avec des vieux trains qui roulaient au charbon et en construisant une histoire qui commençait par renseigner qu’il pleuvait ce matin-là ou qu’on était au mois de janvier et que Pierre ou Paul étaient des cordonniers ou des instituteurs. Pour un peu j’aurais poussé la niaiserie à les commencer par il était une fois, mes histoires qui avaient une chronologie linéaire, qui s’inscrivaient dans le temps qui passe, temps &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;qu’on croyait qu’il était comme une flèche, un trait, disons un vecteur orienté toujours dans la même direction. On croit ça encore parce qu’on se voit vieillir à coups d’hiers d’aujourd’huis de demains et surtout de peurs ; Mais on sait maintenant, enfin on croit savoir, que le temps et l’espace c’est pas comme ça du tout et si on va en avant on peut aller aussi en arrière et même que ça n’est plus stupéfiant du tout de considérer qu’un corps peut être à deux endroits différents à la fois, avec un don d’ubiquité donc si j’exagère un peu, qu’un corps puisse s’emparer de ses rêves et superposer son réel et les disposer comme des sédiments de la mémoire. Le passé et le présent, le futur un peu moins, ne sont pas si opposables l’un à &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;l’autre qu’ils en ont &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;eu l’air. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Alors si on veut vraiment raconter une histoire, car quoi raconter sinon une histoire même si c’est une histoire qui n’existe que par une vision fulgurante contraignante et désordonnée du monde, un roman, tranchons le mot qui rebute tant les abonnés du TGV remonteur de lumière, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;il faut aussi qu’elle soit dans cet esprit-là et non tout imprégnée des erreurs du passé qui ne comprenaient de la fuite du temps qu’une expérience unilatérale et dirigée dans le même sens, celui de l’angoisse du saut final. Je trouve qu’un roman qui ne suit pas la chronologie est un roman qui colle à la chair &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;dont il est fait. Comme un poulet de grain. Nos émotions, nos peurs, nos joies, nos désirs racontables comme indicibles, n’ont pas non plus à être subordonnés au présent. Il arrive qu’on soit dans le sens des aiguilles de la montre, mais il arrive seulement et des fois ce que nous ressentons de profondément vrai de cet inconnu qui nous habite, et que nous considérons comme digne d’être transmis, est un volcan à l’irruption actuelle mais aux racines tellement anciennes, alternant tour à tour leurs places dans l’instant, s’éloignant, revenant, se mariant pour faire un présentement vécu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Je tâchais - j’ai bien dit je tâchais - donc d’écrire un peu comme mes glorieux modèles parce que je trouve ça beau. J’aurais tout de même dû considérer que ce qui était beau à la fin du 19&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; et au début du 20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;reste bien entendu beau mais ne peut pas prétendre chanter &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;notre ère et en flatter l’esprit.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Pourtant j’ai toujours été un moderne. Je l’ai jamais trouvé beau le monde qu’on nous proposait et j’ai grillé une bonne partie de ma vie à gueuler qu’il fallait le changer, en agissant dans ce sens-là aussi et en refusant de faire longtemps le même métier et en traînant dans tous les milieux, des couloirs de la fac aux fréquentations les plus interlopes. C’est quand même désolant de passer sa vie à vouloir changer le monde et que ça soit les autres qui vous disent : eh, coco, oh, oh, le monde a changé !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;C’est comme ça. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Et je suis bien content qu’on m’ait alerté parce que j’allais continuer avec mes histoires à la noix de coco, en automne dans le marais poitevin ou je n’sais où avec des frênes qui tremblent dans des brouillards et des corneilles qui picorent les labours, et mes souvenirs fantasmés ou réels dont à juste titre personne n’a cure. Y’a un copain en France, un écrivain, tiens, je peux&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;bien vous dire son nom après tout, on est pas là pour se faire des cachotteries et il m’en voudra pas, Denis qu’il s’appelle mon ami et on s’est tenus bras dessus bras dessous vingt cinq ans durant avant que je quitte la France et&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;il m’écrivait y’a pas dix jours que les ateliers d’écriture étaient bourrés de gens qui voulaient écrire mais qui lisaient jamais. Tout pour ma gueule, c’est la morale des temps modernes, qu’il a conclu Denis. Pour écrire des choses c’est vrai que y’a pas besoin d’avoir lu des bibliothèques entières mais quand même là comme partout ailleurs y’a un minimum de complicité qui s’appelle l’échange. Il a raison Denis. Tout pour ma gueule. Ecoute ce que j’ai à raconter. On discutera après si on a le temps&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Ça doit être le changement de monde. Pourtant Denis, je sais qu’il est ponctuel et il aime pas louper son train mais celui-là va peut-être plus vite que ses yeux. En tous cas il a pas aimé et moi j’ai aimé qu’il me fasse part de son cruel sentiment.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;" lang="FR"&gt;Qu’il ne s’inquiète pas, Denis, ateliers ou pas, même dans les blogosphères du changement de monde c’est tout pour ma gueule. J’ai écrit un tas de textes là-dedans et j’en ai lu beaucoup, beaucoup, ponctuant ça et là mon passage d’un petit commentaire. Y’en a là qui écrivent, écrivent, noircissent du blog à qui mieux mieux, des logorrhées de considérations parmi lesquelles parfois des choses bien, et qui jamais, jamais ne viennent foutre un coup de clic pour savoir ce qu’écrit le voisin. J’ai fait l’expérience. Du m’as-tu-vu dans mon joli blog&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et si tu viens à étouffer dans le tien tu peux crier au secours là-dedans personne ne viendra t’entendre. Du changement de monde ça ? Allons, allons&lt;span style=""&gt;,  &lt;/span&gt;je ne vois là que les vieux&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;sentiments  de la nuit des temps. Tout pour ma gueule.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Suite et fin demain matin...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-3683303856501720621?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3683303856501720621'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/3683303856501720621'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/cogitations-intempestives_22.html' title='Cogitations intempestives - 1'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-6650441586009344688</id><published>2007-01-18T14:34:00.001Z</published><updated>2007-04-11T13:09:29.260Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Comment  je suis venu à la guitare ou, plus exactement,  comment la guitare est venue à moi...</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;Un extrait du manuscrit " Le silence des chrysanth&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;font-size:130%;" &gt;&lt;span lang="FR"&gt;è&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt;&lt;span style="font-weight: bold; font-style: italic;"&gt;mes"...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Menuisier ébéniste de son état, mon frère aîné eut enfin une idée lumineuse. Il me prouva que ses outils étaient beaucoup plus utiles que les miens ou du moins qu’il savait s’en mieux servir. Son idée donna à ma jeune vie une impulsion nouvelle qui ne devait plus s’éteindre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Il poussa un beau jour la lourde porte de la maison, portant dans ses bras une guitare, une guitare énorme qu’il avait eu la curieuse fantaisie de fabriquer lui-même, sur ses temps libres, dans l’atelier de son bonhomme de patron.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Il était aux anges et souriait benoîtement en exhibant son chef-d’œuvre à bout de bras. Il fut accueilli comme un Père Noël, toute la tribu regroupée autour de lui, questionnant, touchant et caressant du doigt le magique instrument, balbutiant des questions idiotes, du style comment t’as fait ça, quand, pourquoi et c’est pour qui ? L’un ou l’une demanda même, c’est quoi ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ma mère resta tout bonnement perplexe devant tant d’ingéniosité. Elle regardait quand même avec forte suspicion l’objet musical, se demandant sans doute ce qu’il venait faire dans cette maison où seul l’utile avait droit de cité. Elle prit l’instrument, le retourna, l’examina, dit nom d’un chien que c’était lourd et le rendit à son créateur en demandant qu’il en joue. Peut-être même nourrissait-elle quelque espoir d’être accompagnée et se préparait-elle à chanter. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Le génial artisan tambourina énergiquement sa main d’expert menuisier sur les cordes qui rendirent un timbre métallique si discordant et tellement abominable que ma mère ordonna qu’il arrêtât sur le champ. Sans doute fort déçue, elle fit pendre aussitôt au mur l’original ustensile par la bandoulière dont mon frère avait pris soin de l’équiper. Ce fut tout. Le jugement était sans appel.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;On admira un temps l’ornement singulier aux formes tellement arrondies sous son vernis acajou. Puis on l’oublia, son gros ventre réduit au silence se recouvrit des poussières du mépris général.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Mon frère passa à la fabrication de maisons et de monuments en allumettes, avec des fenêtres en papier brillant, de toutes les couleurs, vertes, orange, rouges et qu’on installa partout, sur la cheminée, sur les étagères, sur l’armoire, dans la chambre. La maison n’était plus qu’un grotesque musée en allumettes, d’autant plus qu’un deuxième frère s’était mis en devoir d’épouser la manie du menuisier. Ils rivalisaient alors d’imagination et y passaient leurs soirées sous la chandelle, avec des doubles décimètres, du carton, de la colle, des papiers et une lame de rasoir en guise de scie. Lorsque, leur délire de surenchère atteignant son paroxysme, ils entreprirent la reconstitution commune de la cathédrale de Chartres, les maîtres du gothique flamboyant durent pousser des cris d’effroi et d’outre tombe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;J’étais cependant tombé amoureux de la guimbarde proscrite et chaque fois que je le pouvais,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;je la décrochais de sa potence pour en faire grincer les cordes. J’appuyais comme un forcené sur les cases, jusqu’à la troisième. Au-delà, la pression réclamée était si puissante qu’aucun son digne de ce nom ne pouvait en être espéré et que mes pauvres doigts s’en tordaient de douleur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;J’appris les notes, une à une, pas encore les dièses et les bémols, mais les notes inaltérées. Comme tous les autodidactes, je commençai par massacrer jeux interdits, juste avant de tordre le cou au pénitencier. Toutes les heures de mes vacances y étaient consumées. J’avais l’énorme et lourd instrument sur les genoux, je suais sang et eau, besognant, recommençant, chantant, hurlant, m’égosillant. Je maîtrisais maintenant le mi mineur, tant romantique, si beau et si simple, et&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;le la mineur. Je passai à l’apprentissage du Do, puis du &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;mi et du ré. L’heure était venue de m’aventurer jusqu’au fa. Sur cet instrument de torture, je m’échinai quasiment un an pour lui donner une allure à peu près présentable.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;La guitare était mon amie, mon âme soeur, la confidente de toutes mes mélancolies et secrètes pensées. J’en délaissais les livres, du moins à la maison. Ma mère me conjurait d’arrêter le massacre. Elle menaça plusieurs fois de passer l’instrument par les flammes de la cheminée. Je la menaçai moi-même d’incendier toute la maison si elle s’avisait de commettre un tel crime. Venant de moi, l’avertissement fut pris très au sérieux. Il nous fallut trouver un compromis acceptable ; je ne jouais qu’au dehors ou dans la grange sur des tas de bûches et même, s’il faisait froid, dans le toit du cochon qui semblait s’en distraire en battant la mesure de ses grandes oreilles poilues et en me regardant de ses gros yeux &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;d’imbécile de cochon. Le goret fut mon premier auditeur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Je maîtrisais maintenant une gamme d’accords assez complète pour m’essayer à mes propres chansons. Même si elles débutaient toutes par un mi mineur ou par un la mineur, ou même si leur structure musicale se réduisait à &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ces deux accords là, j’en étais fier. J’y mettais les paroles puériles d’une révolte déjà adulte. Je voulais toujours être un écrivain mais, en plus un chanteur de poésie. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ma rencontre avec Brassens était dès lors inévitable. Elle eut pour moi valeur de révélation. Quelqu’un, un poète, interprétait sur une guitare le monde tel que je voulais qu’on l’interprétât. Il y avait là de quoi assouvir mes deux passions. Je me suis blotti sous l’aile protectrice de cet iconoclaste, je me suis senti beaucoup moins seul, et jamais plus n’en suis sorti.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;J’y ai rencontré bien sûr quelques bons copains qui eux aussi étaient là pour chanter à la fois leur mal de vivre et leur plaisir du monde, comme si, sans jamais nous y être croisés, nous avions grandi à la tétine d’une même mamelle. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Aujourd’hui encore, il n’est pas de jour sans que je ne fasse vibrer sur ma guitare, une guitare si souple et si agile qu’elle ressemble à la première autant qu’une gazelle à un dinosaure, un des poèmes de l’oeuvre monumentale et toujours à découvrir, comme si elle suivait pas à pas les évolutions de ma pensée et de mes émois, comme si elle m’accompagnait dans l’inéluctable cheminement vers les ténèbres, m’offrant chaque fois, de ce cheminement et de ces émois, une lecture toujours remise au goût du cœur et des saisons. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-indent: 35.45pt; text-align: justify; font-family: georgia;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Toi, le luthier d’une unique lubie, le bâtisseur de burlesques monuments, toi, mon frère, tu ne sauras jamais quelle indestructible cathédrale tu as élevée en moi ! T’écrire merci serait petit jusqu’à l’inconvenance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: georgia;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;Mais quand tu mourras, quand le croquemort t’emportera, qu’il ait au moins la bonté de te conduire à travers ciel, au père éternel ou ailleurs, là où tu voudras, en tous cas là où tu seras bien, mon frère disparu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-family:times new roman;"&gt;   &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-6650441586009344688?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/6650441586009344688'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/6650441586009344688'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/comment-je-suis-venu-la-guitare_18.html' title='Comment  je suis venu à la guitare ou, plus exactement,  comment la guitare est venue à moi...'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-8083469676247567840</id><published>2007-01-18T13:49:00.001Z</published><updated>2007-04-11T13:10:55.025Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>La mémoire et la terre</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RdB4EndMJGI/AAAAAAAAAD8/o55H3QELI5E/s1600-h/p1010009.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RdB4EndMJGI/AAAAAAAAAD8/o55H3QELI5E/s320/p1010009.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5030652804479067234" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Ra97hjXqmtI/AAAAAAAAABI/HGgJ5h0eGhk/s1600-h/p1010001.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/Ra97hjXqmtI/AAAAAAAAABI/HGgJ5h0eGhk/s320/p1010001.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5021367925901794002" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div face="trebuchet ms" class="posttext"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="posttext-decorator1"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="posttext-decorator2"&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;   &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Sur le sable, sur la boue ou dans la neige, le marcheur laisse forcément l’empreinte d’un cheminement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;C’est son second voyage, celui de la mémoire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Et moi, &lt;span&gt; &lt;/span&gt;je suis un randonneur fatigué.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Alors, je me retourne. La longue sinuosité de mes pas se perd dans une nébuleuse, derrière des rideaux de forêts.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Je suis sorti de ces antiques futaies, tout là-bas. Comme d’une forêt hercynienne.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Devant, la plaine est vierge. J’ignore quels seront les dessins que mes souliers vont y inscrire.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;Mais je sais bien où ils vont. Je sais bien le projet de mes pas. Je ne sais pas leur nombre. Je vais peut être ralentir et penser à ces traces de pas, tendre l’oreille pour écouter comment elles vivent leur vie de traces de pas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Mais la plaine semble effrayante.&lt;span&gt; &lt;/span&gt; Balayée par les vents, on dirait qu’elle s’enfonce dans la terre, là-bas, qu’elle veut l’étreindre, s’y confondre et s’y perdre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Elle courbe l’échine, vaincue par l’horizon.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;&lt;span&gt; &lt;/span&gt;Le courage m’abandonne, je le sens bien. Je vais renoncer et remonter jusqu’aux forêts, derrière. Je vais marcher là où j’ai déjà marché pour arriver jusqu’à cette fatigue et jusqu’à cette peur.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Mais, volontaire, j’abîme le contour des pas anciens. Dans ce sens là, je ne sais pas marcher avec aisance et naturel. Aller jusqu’au bout de ce muet sentier, c’est trébucher à coup sûr. Tomber peut-être.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;On ne descend pas de cheval pour se regarder monter.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Et il n’y a que fantômes au bord de ces signatures qui ricanent de ma vaine aventure à vouloir les faire vivre deux fois. Parce qu’ils sont des fantômes, ils ne comprennent pas que c’est moi qui veux vivre deux fois. Si j’avais su tout cela, si j’avais su la mélancolie de ce désespoir des étoiles, j’aurais tourné en rond. A un certain moment, forcément, je me serais revu, je me serais fait un signe de la main, je me serais salué, tout en continuant d’accomplir mon destin de marcheur vers cette échine,&lt;span&gt; &lt;/span&gt; là où l’horizon et la terre s’embrassent.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Ces pas sont ma consternation. Ils n’ont rien résolu des fondements du voyage.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;Il n’y a de salut que dans la relecture de ces épitaphes à la rencontre desquelles je m’efforce désespérément d’aller, pour occulter la plaine.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: verdana;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;p style="text-indent: 35.45pt; line-height: 150%; text-align: justify; font-family: verdana;" class="MsoNormal"&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(0, 0, 0);"&gt;C’est une mémoire qui sert à oublier.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;   &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-8083469676247567840?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8083469676247567840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/8083469676247567840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/la-mmoire-et-la-terre-sur-le-sable-sur_18.html' title='La mémoire et la terre'/><author><name>b.redonnet@voila.fr</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RdB4EndMJGI/AAAAAAAAAD8/o55H3QELI5E/s72-c/p1010009.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-2708715342802052491</id><published>2007-01-17T10:23:00.000Z</published><updated>2007-01-24T09:58:46.033Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Bohémiens en voyage</title><content type='html'>&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; font-style: italic; font-weight: bold;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Je publie un extrait du manuscrit  " Le silence des chrysanth&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;font-size:130%;" lang="FR" &gt;è&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;mes" cinq fois refus&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"  style="font-size:130%;"&gt;é&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt; et... perdu par Zulma.&lt;br /&gt;J'ai &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;é&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;videmment abandonné.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;L’instituteur disait que là il faisait chaud, que là il faisait froid, que là il pleuvait sans cesse, que là-bas il neigeait tout le temps et que là, mystérieusement, il ne faisait rien, ni chaud ni froid. C’était en vert sur la carte, juste à côté de la grande tache toute bleue, chez nous. Ça ne m’intéressait pas. Il suffisait de regarder par la fenêtre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;La baguette de noisetier faisait le tour du globe. A cet endroit précis, les hommes pêchaient et faisaient des bateaux, plus loin ils coupaient des forêts, encore plus haut ils élevaient des chevaux et des moutons, dans un coin, ils travaillaient sous la terre et faisaient fumer de grandes cheminées noires, dans l’autre ils restaient au soleil et faisaient pousser des vignes. Il décrivait aussi, toujours en les situant sur ses grandes cartes, des hommes en fourrure sur la glace ou alors presque tout nus dans une chaleur épouvantable. La baguette &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;frappait enfin sur une grande tache jaune, de l’autre côté d’une auréole bleu foncé, et l’instituteur disait que là, il n’y avait rien, que du sable. Et la guerre, concluait-il, lugubre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;On eût dit qu’il était allé partout, même là où il n’y avait rien, que la guerre. La leçon s’achevait généralement sur ce sinistre néant sablonneux. Prenez vos cahiers de calcul, fini de badiner, retour à la dure réalité, combien coûte un truc que vous ne pourrez jamais vous payer ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Penché sur une division à trois chiffres, je mettais des virgules au hasard et refaisais le voyage de la baguette, sur les sommets des montagnes, sur les fleuves&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et à travers les forêts. Il y avait là-bas des hommes et des enfants qui couraient sur la terre et qui s’éclairaient à la même bougie que nous. C’était si loin ! Comment avait-il fait pour y aller, lui, l’instituteur ? Quand j’en aurai fini avec le sabotage de cette accablante division, je le lui demanderai. Moi aussi, je voudrais voir les gens des antipodes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Sans crier gare, comme surgis de la nuit, c’étaient eux cependant qui venaient jusques à nous. Au dernier tournant de notre chemin d’école, juste avant les premières maisons du bourg, là où la rivière s’attardait en&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;un large plan d’eau, sur une petite place herbeuse et sous des grands peupliers, les roulottes bariolées campaient un beau matin d’hiver. Des feux de bois tout vert arraché aux buissons crachaient la fumée et des hommes en chapeau noir, le teint ridé et hâlé, accroupis, regardaient pesamment ces feux. Des foulards rouges étaient noués autour de leurs cous velus. Des enfants rieurs et en haillons batifolaient tout autour du campement et de grandes femmes en longues jupes de toutes les couleurs, comme les roulottes, aux cheveux de jais qui dégoulinaient le long de leur dos et des anneaux de cuivre pendant à leurs oreilles, tressaient des paniers d’osier. Des chevaux blancs tachetés de marron ou de noir broutaient à l’écart. C’étaient de petits chevaux comme on n’en voyait jamais dans les champs, agiles, avec des crinières épaisses. Parfois, un accord de guitare égrenait ses notes qui s’élevaient en volutes comme la fumée des feux, au-dessus de la horde, dans l’air immobile et frisquet du petit matin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Nous arrêtions tout net, saisis d’effroi. Nous hésitions un moment en chuchotant nos peurs. De rutilants poignards pendaient à leurs ceintures de cuir. Nous passions devant eux en faisant un écart, en baissant la tête comme les vaincus sous les fourches caudines, puis nous nous retournions pour voir si personne ne nous emboîtait le pas. Nous nous mettions enfin à courir.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ils nous avaient regardé passer de leurs yeux mornes et taciturnes, des yeux d’autre part, sans faire un geste, comme si nous eussions été des ombres. Au soir, nous empruntions un autre chemin, en suivant l’autre berge de la rivière. Nous rentrions par un long détour et annoncions en criant, en levant les bras au ciel et&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;en courant que les bohémiens étaient là.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ma mère commandait que les poules soient renfermées, que le verrou du toit à cochon soit tirė, que les saloirs soient portės dans la chambre et que les vélos soient entravés. J’ai vu un frère qui aimait tant sa bicyclette qu’il en dėmonta les roues afin qu’elles passassent la nuit au pied de son lit. Au souper, ma soeur racontait qu’une fois, un bohémien l’avait poursuivie en brandissant son grand couteau. C’ėtait tout. L’histoire s’arrêtait là et personne ne lui demandait comment elle s’ėtait sortie de ce bien mauvais pas. L’essentiel ėtait que ces gens-là couraient derrière les passants pour leur planter des poignards dans le dos. Un autre renchérissait qu’il les avait vu faire ça, au cirque.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Debout pour pouvoir remplir chaque assiette de poireaux fumants et de lard chaud, ma mère disait que les Romanichels avaient ėte chassés de chez eux, parce qu’ils étaient des voleurs. Où ça, chez eux ? C’est ce que j’aurais bien voulu savoir. On haussait les épaules, on faisait un grand geste circulaire, on ne savait point. Alors on disait ailleurs. Dans son éloquence indéfinie, ailleurs est un pays qui fait horriblement peur. La baguette de noisetier ne disait jamais ailleurs, mais ici, lă ou lă-bas. C’ėtait une baguette qui ne s’effrayait pas du monde.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;J’épousais les angoisses du clan, un peu sceptique quand même. Les yeux noirs, humides et rêveurs des hommes aux foulards rouges ne ressemblaient pas à des yeux de voleurs et d’assassins. Chaque fin de mois, ma mère répétait que l’épicier ėtait un voleur. Ses yeux globuleux, bleus avec des arcades sourcilières capitonnées et des poils blonds comme ceux du cochon,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;n’étaient ni humides ni rêveurs. C’étaient des vrais yeux de voleur. Au dessert, fait de noix et de pommes, je demandai si l’épicier ėtait un Romanichel. Après tout, lui aussi vagabondait par les chemins avec son vieux camion, de village en village, pour voler les gens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;On ne vit pas tellement ce que je voulais dire. C’est une sale manie qui m’a poursuivi toute ma vie et que m’ont bien souvent reproché mes amis, que de penser à haute voix, sans énoncer mes cogitations en amont. Tous les visages se tournèrent vers sa majesté le sphinx d’où viendrait forcément la réponse à cette énigme. Ma mère prit bien le temps de finir sa noix et dit que l’épicier habitait là, dans une maison du bourg, il parlait comme nous et il ne mangeait pas des hérissons. Les Romanichels, eux, mangeaient des hérissons et ma mère tordait la bouche de dėgoût. D’accord, l’épicier ne faisait pas cuire des hérissons, mais il volait quand même les gens, avait-elle dit. Oui, il volait les gens avec son sucre et sa farine mais, comment dire cela sans dire de bêtises, vraiment ? J’ėtais quand même un enquiquineur et je confondais tout.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Disons que l’épicier avait le droit de voler les gens, voilà.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Un silence autoritaire ponctua l’énoncé de ce singulier postulat avant que ne suivent des éclaircissements plus rationnels. C’était pour ça qu’il était épicier et c’était De Gaulle qui lui avait donné la permission de voler. Elle n’était pas d’accord, mais elle n’y pouvait rien, enfin pas encore. C’était comme ça, la vie. Je ne connaissais pas la vie, un point c’est tout.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Je ne pouvais qu’acquiescer&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;et je baissai le nez. Frères et soeurs relevèrent fièrement le menton&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;devant cette science maternelle, seule capable de clouer mon bec de prétentieux avec ses curieuses questions. Je me contentai de cette obscure démonstration, remettant à plus tard d’en démêler les subtilités, jusqu’au fil d’Ariane qui devait certainement conduire à quelque vérité encore inaccessible à mon jeune âge.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Il faut pourtant longtemps, très longtemps, pour se débarrasser de la peur de l’Autre dont les autres, à qui on l’a transmise, vous font le dépositaire. C’est une souffrance qui perdure et qui, hélas, on ne le dira jamais assez, s’entretient, s’autoalimente de tout ce qu’elle trouve de non-Moi sur son passage et qui ne s’efface jamais totalement.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Tant que les bohémiens bivouaquaient et rêvassaient au bord de notre rivière, deux ou trois jours, rarement plus, les paysans comptaient chaque matin leur basse-cour et vérifiaient dans leurs grands seaux la traite de la veille. Systématiquement, en effet, une poule pondeuse manquait chez Pierre, un coq avait pris la clef des champs chez Paul, une fourche, des légumes, un pigeon, un&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;lapin ou même un baquet d’avoine avaient disparu chez Jules ou chez Félicien. Les gendarmes constataient, reconstataient, se faisaient répéter le larcin, prenaient posément le café qu’on leur offrait en engloutissant un bout de brioche et désignaient les coupables. L’enquête était terminée. Le paysan pouvait sereinement faire son deuil des disparitions. Après tout ça, en vérifiant une dernière fois quand même que la porte de ce clapier avait bien été forcée et en s’attardant encore un peu sur le printemps qui ne venait pas vite, ils filaient à toute petite allure vers le campement. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;La fumée agonisante d’un reste de feu, des écorces d’osier éparpillées, parfois un bout de cuir ou de foulard déchiré, des crottins de-ci de-là, des empreintes de chevaux non ferrés imprégnées sur l’humidité de la terre, témoignaient du passage des voyageurs. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Tout comme elle les avait conduits là, la nuit les avait engloutis. Je ne les ai jamais vu arriver, je ne les ai jamais vu partir, je ne les ai jamais vus sur les routes, je ne les ai jamais vus autre part que là, sur leur petite place herbeuse. Ils étaient du vent, de la brise, des ailleurs insaisissables. Je venais alors souvent m’asseoir sur les pas de ces énigmatiques frères humains de l’ombre et du silence, chercheurs d’ėtoiles et de route, migrateurs de l’espoir, chapardeurs désignés, aux yeux tellement humides. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Le garde-champêtre enfourchait son vélo et rejoignait diligemment les gendarmes. Alors, penchés sur le sol, ils tournaient en rond et furetaient tous ensemble, comme des chiens courants derrière le passage des loups. Si les gendarmes haussaient les épaules, le garde-champêtre haussait les épaules, s’ils juraient, il jurait, s’ils ramassaient un bout de guenille, il en cherchait un, s’ils donnaient un coup de pied dans les cendres fumantes, comme s’il pouvait y avoir là-dessous un os de poulet qu’ils auraient pu brandir comme pièce à conviction, il démolissait lui aussi un feu mourant d’un véhément coup de sabot, s’ils soulevaient le képi pour se gratter la tête, il levait sa casquette et flattait son crâne luisant. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Puis la petite meute abandonnait ses investigations. Si l’estafette prenait la grande route de Poitiers, vers Couhé- Vérac, le vélo du garde-champêtre prenait celle du bistrot. En se frottant les mains, il racontait qu’il n’y avait pas cinq minutes, il était avec les gendarmes de Couhé, comme s’il en connaissait d’autres qui fussent d’ailleurs. Au premier verre, ils avaient fouillé les restes du campement des nomades, au deuxième ils avaient trouvé une peau de lapin, au troisième ils avaient toujours trouvé une peau de lapin mais aussi un manche de fourche, au quatrième ils s’étaient lancés à leur poursuite, à la fin de la bouteille, les bohémiens étaient en prison. Après, il ne savait plus, le garde-champêtre, et comme tous ceux qui étaient là faisaient les insolents et se tordaient de rire en se tapant fort sur les cuisses, il envoyait aux cinq cent diables les gendarmes, les bohémiens et tous ces cons de paysans avec leurs poules et leurs lapins. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Je ne comprenais pas pourquoi ces vaillants pisteurs avec leur auto ne se lançaient effectivement pas à la poursuite des fuyards en roulottes. Peut-être les petits chevaux blancs avec des taches marron et noires avaient-ils aussi des ailes. J’hasardai la question. Cette fois-ci la réponse fut limpide, sans équivoque. Les gendarmes étaient des fainéants et surtout ils avaient bien trop peur de recevoir un coup de couteau dans leur grosse bedaine. Mes apaches accédaient au rang des demis-dieux.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Un été de grandes vacances, deux ėnormes canards eurent alors la bien mauvaise idée de disparaître de l’opulente&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;basse-cour d’une des plus grandes fermes du village. Pourtant la fermière, matrone moustachue, était formelle : les canards étaient là au lever du jour, ils avaient disparu dans la journée. La maréchaussée se dandina pesamment d’une jambe sur l’autre, fronça ses sourcils en halliers, prise au dėpourvu, fortement contrariée et maugréant qu’elle avait des choses plus conséquentes et plus urgentes à régler. Le garde-champêtre ne s’en mêla pas. De hautes herbes folles envahissaient le bivouac habituel des nomades, plus de rivière, point de crottins, point d’empreintes de chevaux ailės, point de cendres chaudes. Ces canards empoisonnaient vraiment la vie de tout le monde, qui se faisaient voler sans qu’il n’y ait de voleurs dans les environs.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Les regards se croisaient, allumés par des sous-entendus matois. La zizanie couvait. Les gendarmes ne se firent pas répéter la grosseur des palmipèdes et ils ne prirent même pas le temps d’avaler un cafė. Ils filèrent à toute allure classer cette étrange indélicatesse aux affaires non élucidées. Le village murmura. Peut-être même que le prétendu volé avait lui-même escamoté ses foutus canards. On ne s’embarrassa pas l’esprit à trouver un motif à une aussi fantasque plaisanterie.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ils étaient loin, très loin, les baladins flâneurs. Leurs roulottes cahotaient au rythme des sabots de leurs tout petits chevaux, sur des chemins enveloppés par la nuit bleue. Un rayon de lune accroché à leurs ceintures jouait sur le fil de leurs couteaux et leurs yeux rivés aux yeux du firmament promenaient leurs songes chimériques, bâtisseurs d’horizon. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(0, 0, 0);font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:130%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Il me semblait leur avoir rendu un peu de leur dignité et les goupils de la clairière du bois des merisiers ont dû, dans la pénombre blafarde de cette nuit-là, croire un moment qu’ils venaient de décrocher la lune.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-2708715342802052491?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/2708715342802052491'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/2708715342802052491'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/bohmiens-en-voyage.html' title='Bohémiens en voyage'/><author><name>Redonnet</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6997852538069610867.post-9083558348064513951</id><published>2007-01-16T09:53:00.000Z</published><updated>2007-01-18T12:56:29.677Z</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Acomptes d&apos;auteur'/><title type='text'>Présentation sommaire</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ma mère dit que je suis né un 10 décembre. Mes&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;papiers ne sont pas d’accord.  Eux, ils  disent le 9….&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Première contradiction, première entorse aux grandes mathématiques de la vie. Ça n’a jamais cessè.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Mais nous sommes d’accord sur l’année, c’est essentiel.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RayrdDXqmoI/AAAAAAAAAAM/SFDL7dCqHCQ/s1600-h/guitare.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 150px; height: 100px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RayrdDXqmoI/AAAAAAAAAAM/SFDL7dCqHCQ/s320/guitare.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5020576200220383874" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;J’ai été enfant, adolescent, jeune, étudiant en sociologie, Durkheim m’a saoulé, Comte fait vomir et les lois du déterminisme fait fuir, vagabond, chômeur, correcteur, vendeur de prises de vue aériennes, guitariste, chanteur, forestier, fonctionnaire territorial chargé de communication. De là, je  suis parti avant l’heure de la sortie et me suis exilé en Pologne de l’est où je réside maintenant, sur la frontière Biélorusse.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;Auteur de &lt;i&gt;« Brassens, poète érudit »&lt;/i&gt; paru chez Arthémus en 2001  et 2003 pour la 2&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; édition.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Auteur également de nombreux manuscrits dont personne ne veut vraiment, allez savoir pourquoi mais nous en reparlerons , et qui s’entassent dans mes tiroirs. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Ami très proche pendant des années de l’écrivain rochelais&lt;a href="http://www.letempsquilfait.com/"&gt; &lt;/a&gt;&lt;a style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;" href="http://www.letempsquilfait.com/"&gt;Denis Montebello&lt;/a&gt;. Je le signale parce que c’est encore un ami et que c’est bien que vous sachiez que j’ai quand même quelques amis.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"  style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Je donne des petits concerts en Pologne sur le répertoire de Brassens et des discussions sur la poésie du chanteur et sur les poĕtes par lui mis en musique, Hugo, Villon etc.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;span style="color: rgb(102, 0, 0);font-family:trebuchet ms;font-size:85%;"  &gt;&lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" face="trebuchet ms" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;J’ai créé ce blog le 16 janvier 2007…Quand j’en maîtriserai la technique, je dirai ce que je voudrais que nous en fassions dans un esthètique militant au service de la musique et de l’ècrit...Je voudrais qu'il soit interactif,  y publier des textes, des photos par vous commentées...C'est encore un peu flou, mais ça viendra.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; text-indent: 35.45pt; color: rgb(102, 0, 0); font-family: trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span lang="FR"&gt;Salut&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6997852538069610867-9083558348064513951?l=letempsecoute.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/9083558348064513951'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6997852538069610867/posts/default/9083558348064513951'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://letempsecoute.blogspot.com/2007/01/prsentation-sommaire.html' title='Présentation sommaire'/><author><name>Redonnet</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_rxOmr9KQWIw/RayrdDXqmoI/AAAAAAAAAAM/SFDL7dCqHCQ/s72-c/guitare.JPG' height='72' width='72'/></entry></feed>
